mercredi 10 février 2010

Le bout du monde / The end of the world

Une fois rentrés à Puerto Natales, nous mettons le cap le lendemain matin à 7h pour Ushuaia, un nom magique. A notre grand regret, il n’existe pas de bus de nuit car il faut passer la frontière Chili/Argentine et le poste n’est pas ouvert 24h/24. Le trajet est relativement court avec « seulement » 12h mais un tel trajet en plein jour semble plus long. On a en plus l’impression désagréable de perdre une journée…non que ce soit crucial sur un an de voyage mais quand même !
Notre récompense durant ce long trajet fut de pouvoir observer de magnifiques paysages immenses et quasi désertiques, peuplés de moutons et de Guanacos. En passant le détroit de Magellan nous avons même pu observer de nombreux dauphins qui venaient sauter le long de la coque du bac sur lequel notre bus passait. Erreur de débutants : nous n’avions pas nos appareils photo à proximité…

Back in Puerto Natales, we head to Ushuaia – just the name makes you dream… There is no night bus because we need to cross the border between Chile and Argentina, and you can’t do that in the middle of the night! That means that despite having a “short” travel time of only 12 hours, it does seem quite long when it’s during the day, and you kind of lose one day – not that it matters when you’re traveling for a whole yearJ
During the journey we can enjoy huge empty landscapes with only some sheeps and guanacos. We even crossed the Magellan Strait, where a few dolphins came around the boat on which our bus was crossing. What a beginner’s mistake: we did not bring our cameras outside to take pictures!

Trouver une chambre à Ushuaia en cette période de vacances en Amérique du Sud est bien compliqué. Grâce au site http://www.hostelbookers.com/, nous parvenons à réserver une chambre dans un B&B tenu par une famille très gentille dont la femme parle parfaitement le français car son père était français! Lorsqu’on les avait appelés pour réserver, ils nous avaient dit que tout était complet. Or le site nous web nous permettait de réserver en ligne directement. Nous avons donc pris le risque de réserver avec le site pour pouvoir arriver au B&B et jouer la carte de la bonne foi (nous n’avions pas d’autre plan, tout était complet). C’était le bon coup à jouer car en arrivant nous avons vu un autre couple de touristes se faire dire que c’était complet…alors que nous avons été accueillis car nous étions attendus grâce à notre réservation en ligne ! Nous ne savons pas vraiment comment la famille s’est débrouillée, mais depuis lors, nous utilisons ce site très souvent pour nos réservations d’auberges !!

It’s been a struggle to find a hotel room in Ushuaia because this is Argentinean school holidays when we arrive, so everything is full. Our guidebook was recommending a very nice B&B – which told us they were full when we called – and using www.hostelbookers.com (our favorite website nowadays!), we managed to secure a room and avoid crawling around Ushuaia trying to find a place to sleep!

Ushuaia est vraiment au bout du monde. A 55° de latitude sud, c’est la dernière terre habitée avant l’Antarctique…enfin c’est ce que disent les cartes postales car en réalité, de l’autre côté du détroit de Beagle – à nouveau côté chilien donc – se trouve une petite bourgade de pêcheurs …et de militaires. Près du port se trouve un panneau indiquant les distances avec certaines autres grandes villes : nous sommes à plusieurs milliers de kilomètres de n’importe où, que ce soit en Europe, en Asie ou en Océanie. L’Antarctique est peut-être la plus proche des destinations qui figurent sur le panneau : 1000 petits kilomètres…

Ushuaia is really at the end of the world. Located at 55° south it is the last inhabited piece of land before Antarctica. Technically, a fishing hamlet and army baraques on the Chilean side of the Beagle channel is the most southern inhabited spot…but well it it were to be known this would destroy the marketing advantage of Ushuaia! By the harbour is it pole with directions and distances to cities around the world from Ushuaia. Everywhere be it Europe, Asia, Oceania is thousands of miles away. Antarctica is the closest place just 621.5 miles away.

Cela nous entraîne alors dans un rêve de croisière de dernière minute : et si nous trouvions sur place des billets pas (trop) chers pour partir découvrir ce continent qui nous attire tant ? Nous commençons alors à rendre visite à tous les vendeurs de croisière, dont certains sont spécialisés dans les dernières minutes. Des bateaux partent quasi-quotidiennement à cette saison, mais les cabines sont rares car certaines personnes réservent leur croisière plus d’un an à l’avance. D’autres gens comme nous posent les mêmes questions, certains reviennent pour la énième fois revoir la même personne pour demander si une place s’est libérée depuis la veille… Un jeune français nous dit qu’un moyen de partir est de se faire prendre comme équipier sur un petit voilier. Mais nous n’avons pas vraiment d’expérience à revendre, et puis il faut être prêt à attendre au moins 3 semaines sur place avant de trouver la bonne opportunité. Sinon, le prix des rares cabines disponibles dans les gros bateaux commencent à $3000 par personne pour 10 jours – et puis les départs ne sont pas tout de suite donc ne correspondent pas à la suite du programme, ça nous mettrait en retard pour le reste. Nous décidons donc à contrecœur de renoncer et d’être raisonnables. Cela nous aura quand même permis de faire une étude de marché des croisières proposées – sachez que la plupart ne vous permettent pas de voir les manchots empereurs qui ne sont présents que sur quelques îles. On se console en se disant qu’il aurait été dommage de dépenser $3000 pour en plus ne pas voir l’animal roi de l’Antarctique ! De nouveau nous repartons avec une belle idée de prochain voyage en tête – nous ferons notre croisière Antarctique un jour ou l’autre, c’est certain.

The short distance leads to nourish the dream of a last minute trip, what if we could get excellent bargains and take a cruise to this place we dream of? We start to tour the agencies specialized in last minute tickets to Antarctica. Cruiser leave Ushuaia nearly every day at this time of year which is the peak season to visit. But available beds are really hard to find when people usually book their cabin up to a year in advance. We meet people like us in the agencies, asking the same questions, coming back every day to check whether some space freed up overnight... On the docks, we meet a young French guy telling us that from time to time – once a month or so - spaces for sailors free up on smaller sailing boats. The thing is we wouldn’t mind but what can we offer to do on a ship…we can’t skip the boat and we cannot wait in Ushuaia for such a long time.
The occasional bed that frees up on large cruiser of up to 150 people are up for grab for USD 3000 for a 10 days trip that would not leave before mid-January which is anyway far too late for our schedule. Sadly we realize that Antarctica is not for this time. And as our understanding of what the cruises were offering we also realized that just a handful would have allowed us to see Emperor Pinguins, and probably not at this time of year. So we would not have been ready to pay a hefty price and not even see the king of the place! One thing is for sure: we’ll go the Antarctica. At the end of the day, we did not waste our time even if we did not find the deal of the century. What we did is start to organize the trip to Antarctica, in a few years down the road!


Nous décidons donc de partir découvrir les activités que propose Ushuaia, en commençant par une excursion à la journée en bateau sur le détroit de Beagle, qui nous emmène voir une colonie de cormorans, une autre de lions de mer et enfin une dernière de pingouins sur le chemin de l’Estancia d’Haberton, un ancien ranch construit pas un missionnaire anglais venu évangéliser les « sauvages » locaux. Le point fort de la journée est… (Vous ne serez pas surpris) la colonie de pingouins de Magellan! Ils sont d’abord très nombreux et en plus très curieux – s’approchant du bateau venu s’échouer sur leur plage au point de le toucher, et nous regardant en se demandant qui nous sommes et ce que nous venons faire là (même si le bateau vient les voir 2 fois par jour tous les jours…). Les petits sont déjà bien grands à cette saison et nous avons assisté à quelques prises de bec, un autre trait commun de la colonie. La visite de l’Estancia en elle-même a un intérêt limité (jolie maison à l’anglaise, petit jardin travaillé avec beaucoup de lupins et quelques beaux arbres endémiques de la Terre de Feu dans le parc) mais elle abrite un petit musée qui se révèle être un vrai joyau : une équipe de scientifiques bénévoles étudie les restes des cétacés venus s’échouer sur les plages de la Terre de Feu – un musée sponsorisé par la Fondation Total, on dirait que quelqu’un essaye de racheter sa conscience... Ils exposent certains squelettes dans la pièce principale du musée et l’une d’entre eux nous explique la différence entre les dauphins, les baleines à fanons et les autres baleines. Nous nous rendons assez vite compte de l’ampleur de notre ignorance à ce sujet et de la richesse et de la diversité du monde marin, que cette belle collection illustre à merveille. Dans le jardin, nous pouvons même observer deux autres scientifiques en action en train de nettoyer les restes d’une baleine (attention aux odeurs de friture de graisse pourrie de baleine !). Le retour sur Ushuaia se fait en bus et non en bateau, et nous nous arrêtons en chemin dans un élevage de chiens de traîneau. C’est l’été et ils ne travaillent donc pas, mais les propriétaires de l’endroit nous expliquent comment le fondateur a importé la pratique en Terre de Feu (allant jusqu’en Alaska pour apprendre à musher) où les quantités de neige et les reliefs s’y prêtent particulièrement. Malheureusement pour nous pas de traîneau sur roues… Une bonne session de caressage et papouillage de gros chiens est tout de même toujours agréable (surtout pour Natacha) !

We therefore decide to go and explore what Ushuaia has to offer (other than Antartica). We start with a boat trip on the Beagle Channel, with stops to see shags, sea lions & penguins with the final destination being the Harberton Estancia, an old ranch built by an English missionary to Christianize the indigenous population. As you would have guessed, the highlight of the day for us was the Magellanic penguins. First of all there were hundreds of them, but there were also very curious, coming very close to the boat which anchored on their beach and looking at us wondering who we were and what we were doing here (even though this boat comes there twice a day everyday…). Chicks were already quite big, and we also saw some territorial fights which seem to happen a lot between them. Then we went for the estancia, which in itself does not have much interest (nice English house, pretty garden with lupins and a few endemic trees from the Land of Fire in the park), but which houses a wonderful tiny museum dedicated to the study of remains from cetaceans who died on the beaches of the Land of Fire – this is sponsored by the Total Foundation, as if someone was trying to clean their conscience... A team of volunteer scientists lives and works there and one of them took us through a tour of the museum where we could see skeletons of most of the cetaceans and start to understand the difference between dolphins and the different types of whales – we soon realized how ignorant we were on that matter and how rich and diverse the cetacean world is! Outside we could also witness other volunteers cleaning the remains of a whale – careful with the smell of frying dead whale’s fat! On the way back (by bus) we stop to visit a dig sledging centre. Because it’s now summer time, the dogs are not actually working (unfortunately they don’t do dog-sledging on wheels in this centre…) but we still get explanations on how the founder introduced this sport to the area, going as far as Alaska to learn the musher skills. That’s also the occasion for Nat to enjoy some stroking and cuddling with big dogs!

Le lendemain (mercredi 6 janvier), nous partons pour le parc national de la Terre de Feu à vingt minutes en bus d’Ushuaia pour y faire une randonnée. Le premier chemin que nous empruntons nous mène vers une ancienne colonie de castors – c'est-à-dire un vrai cimetière d’arbres. Nous avions aperçu de telles colonies de loin la veille mais nous sommes maintenant confrontés à l’ampleur du phénomène. Des castors du Canada ont été introduits au début du siècle pour le commerce de leur fourrure. Cependant, le climat de la Terre de Feu – aussi rigoureux qu’il soit – n’est en rien comparable aux étendues glacées du Canada. En conséquence les castors y font plus de gras (pesant jusqu’à 25kg soit 2 à 3 fois plus qu’au Canada) et moins de fourrure, ce qui la rend inexploitable. Pour les castors, la Terre de Feu est en revanche un nouvel eldorado et ils s’y reproduisent rapidement découpant la forêt petit à petit. La Terre de Feu étant une île, le fléau reste contenu. Le reste de la balade nous fait découvrir une petite famille de Steamer Ducks qui ne vivent qu’en Terre de Feu et une famille d’Oies de Patagonie.

The next day (Wednesday 6th Jan) we head for the National Park of the Land of Fire, 20 minutes away by bus. There are some nice walks there and the first one we do takes us through an old beavers’ colony – i.e. a trees’ cemetery. We saw similar colonies the previous day but from quite far – we’re now able to understand the damage they cause. Beavers were initially introduced from Canada for their fur. However, Patagonian climate – as rough as it can be – still remains mild compared to that of Canada which makes the beaver grow more fat and less fur. That means the fur cannot be exploited and beavers have found a new paradise in the Land of Fire, mating and spreading very quickly. During the rest of the walks, we were also able to enjoy the sight of a Steamer ducks family with 3 ducklings (those ducks only live in the Land of Fire and another family of Patagonian Geese with 5 chicks.


Ushuaia est notre première étape en Argentine, étape très attendue d’un point de vue culinaire car qui dit Argentine dit viande rouge délicieuse et vin rouge. Nous avons donc inauguré notre première Parilla (restaurant de grillades au feu de bois) à Ushuaia. Toutes ne sont pas bonnes mais rares sont celles où la viande est vraiment mauvaise. Il nous a fallu plusieurs essais pour comprendre les subtilités de cuisson de la viande. Par défaut, elle sera toujours apportée trop cuite. S’agissant des spécialités de la mer, les eaux froides qui bordent la Patagonie permettent de pêcher de très bons crabes appelés Centolla (araignées de mer) et quelques bons poissons, en particulier le Bar Noir (Merluza Negra) dont la chair est excellente !

Ushuaia being our first stop in Argentina, we expect a lot from the food. And by food we really mean red meat and red wine! We therefore enjoyed our first ever Parilla (barbecue restaurant). Not all of them are good despite what we believed and it took us a while to understand how to order the meat cooked – by default they will overcook it anyway. We also tried sea food specialty, the best ones being Centolla (king crab) and Merluza Negra (black sea bass), both wonderful and very different from what we know.

Impressions du Chili

Notre première impression du Chili fut celle d’un pays clairement en avance sur ses voisins, ce qui se matérialise très concrètement lorsque vous arrivez du Salar bolivien, avec ses routes de terre qui usent les suspensions des 4x4, et que vous passez la frontière chilienne pour arriver sur une belle route goudronnée… Le Chili est en effet un des pays les plus riches d’Amérique du Sud, et ça se voit. Les infrastructures sont meilleures, la population a l’air de mieux vivre, ils ont clairement aussi moins besoin des touristes – en effet jusqu’à maintenant les régions qu’on visitait avaient le tourisme comme principale source de revenus et nous étions donc bien reçus, apportant nos dollars… Ici c’est différent – certes dans les endroits touristiques tout est « étudié pour » comme on dit et les gens parlent bien mieux anglais qu’ailleurs, mais dés qu’on sort de ce contexte, les chiliens semblent moins intéressés pas nous – par exemple c’est la première fois qu’au téléphone (pour réserver un hôtel ou autre chose) la personne ne fait pas l’effort de parler plus lentement, comprenant bien que notre espagnol n’est que très basique. C’est un point de détail et n’a en rien diminué notre plaisir de découvrir le Chili, mais nous l’avons interprété comme un signe supplémentaire du développement avancé du pays.
Qui dit meilleur développement dit aussi (beaucoup) plus cher. Quel choc de chercher une chambre d’hôtel au Chili après avoir passé du temps en Bolivie ! Tout nous semble être positionné 5 étoiles. Au début nous avons fait l’effort de scanner plusieurs hôtels mais très vite nous avons compris que les prix étaient tout simplement entre 2 et 3 fois plus cher que la Bolivie… Il faut s’y faire et changer de référentiel.

Le deuxième élément marquant du pays est sa taille, et surtout sa forme. Nous avons fait l’extrême Nord, le Centre et l’extrême Sud (peut-être pas une optimisation des distances, mais nous ne choisissons pas où sont les endroits attirants). En tout, à peu près 4000km parcourus en 2 semaines… Le Chili a beau être très étroit, il est quand même très long ! Cette grandeur lui confère une formidable diversité de paysages – quel monde entre le désert d’Atacama, désert le plus sec au monde, et les glaciers de Patagonie ! Quel monde entre les 30° de Santiago et les 2° nocturnes du Torres del Paine ! Comme d’autres pays d’Amérique du Sud, le Chili pourrait être un continent à lui tout seul !

C’est notamment du fait de sa taille, mais aussi parce que d’autres pays ont pris le dessus, que nous avons un peu réduit notre programme au Chili. N’y ayant passé que 2 semaines, nous le quittons en ayant un peu l’impression de ne pas lui avoir fait honneur. En plus on nous en avait dit tant de bien… La Bolivie nous a surpris (en bien) et nous avons donc prolongé notre séjour là-bas, sans pour autant pouvoir rallonger celui au Chili puisque nous avions une date fixe pour retrouver la maman de Natacha à Buenos Aires. Rajouter à cela nos problèmes de transport autour de Noël qui ne nous ont pas permis de faire notre stop prévu entre Atacama et Santiago à La Serena. Cela veut donc dire qu’on reviendra au Chili un jour ou l’autre, et en plus de la Serena, nous aimerions particulièrement découvrir la région des lacs autour de l’île de Chiloé.

Enfin le Chili est le premier pays où nous aurions pu nous voir habiter. Santiago est une grande ville agréable, proche de nos références européennes. De plus, la culture de la table est plus développée au Chili, entre les magnifiques vins qu’ils produisent et la fraîcheur des fruits de mer qu’ils pêchent – cela nous convient parfaitement J

mercredi 3 février 2010

Trek Torres del Paine

Nous rentrons Santiago pour prendre notre avion à 2h du matin vers Punta Arenas et la Patagonie. Quel horaire stupide ! Non seulement nous commençons notre nuit sur les bancs de l’aéroport, mais une fois arrivés à Punta Arenas à 5h du matin…rien n’est ouvert ! Le changement de climat est radical : nous ressortons immédiatement toutes nos polaires, gants et bonnets…qui ne nous quitterons plus pour le reste de notre visite en Patagonie.

We drive back to Santiago to take our plane at 2am for Punta Arenas. That’s a ridiculous time for the flight, not only because we start sleeping in the airport, but also because we land in Punta Arenas at 5am when there’s nothing open at all!
The temperature change is impressive: all our winter clothes come out of the back and will stay on us until we leave Patagonia!


Nous prenons le premier bus possible pour Puerto Natales (pas avant 8h30) et arrivons dans cette petite ville dédiée au parc Torres del Paine, un parc national en plein milieu de la Patagonie aménagé pour les randonneurs. Sur place nous avons trouvé un Chilien très gentil qui nous a bien aidé à organiser notre trek dans ce parc (même si nous avions déjà eu beaucoup d’infos de la part de Mathieu et Allessandra !). Malheureusement nous nous rendons assez vite compte que tous les refuges affichent complets (c’est la semaine entre Noël et le Nouvel An et on nous avait prévenu – on ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes) ce qui veut dire que nous allons devoir faire du camping forcé… Heureusement le même Chilien serviable peut aussi nous louer une tente, au moins nous aurons un toit pour dormir ! Sur les coups de 14h nous partons vers le parc (2 heures de bus) et y arrivons le lundi 28 décembre au soir, avec comme première étape le camping de Torres. Sur La route nous traversons déjà des paysages magnifiques, d’immenses pleines balayées par le vent, des morceaux de forêt dont les arbres sont recouverts de lichens très longs (une vraie chevelure, ce qui parait-il est un signe de l’excellente qualité de l’air), et au loin se détachent les montagnes du parc. Notre installation est un peu difficile puisqu’on se rend compte que la tente qu’on a louée n’est pas complète : il nous manque les tiges métalliques pour la faire tenir (la femme du chilien qui nous a aidé a du simplement oublier le deuxième sac…boulette) ! Heureusement le gérant du camping vient à notre secours et nous dépanne avec les tiges qu’il a en rabe dans son garage. Ouf, nous ne dormirons pas dehors !
Nous adoptons pour ce trek une formule repas dans les refuges – la pension complète avec dîner et petit-déjeuner dans le refuge et un pack déjeuner avec sandwich et jus de fruits. Ca nous évite de devoir en plus acheter de la nourriture et la porter (sans compter le réchaud), mais c’est horriblement cher (pour ce que c’est). Clairement, ils en profitent bien…

We get on the next bus to Puertos Natales (nothing before 8.30am) which is a tiny town dedicated to the Torres del Paine, a national park for trekking. There we meet a Chilean who helps us organize our trek (even though we already had lots of info thanks to Mathieu and Allessandra!). Soon enough, we realize all refuges are full (we are between Christmas and New Year so that’s our fault – we knew we had to book earlier) which means we’ll have to camp. The good news is that the same Chilean can also rent us a tent – at least we won’t sleep outside! Around 2pm we go for the park (another 2 hour bus from the town) and we arrive there on Monday 28th December in the evening, sleeping in Camping de Torres. First steps are quite difficult as the tent we rented misses some parts (metallic tubes to hold it up) – we’re lucky once again when the guy who runs the camping gives us spare ones he kept in his garage! We now have a roof for the night!
We decide to go for the full board when it comes to food, i.e. dinner and breakfast in the refuge itself, and lunch as a box-lunch we take with us in the morning. That means we don’t have to carry any food or equipment in addition to the tent – but that’s quite expensive for what it is!


Au réveil de notre première nuit dans notre tente (plus petite que celle du trek du Choquequirau au Pérou mais tout à fait correcte pour deux), nous partons pour notre première journée de marche sur le W (c’est le trek le plus classique du Torres Del Paine ainsi nommé car les différentes étapes forment un W en regardant le plan). L’étape principale est la découverte des Torres qui donnent leur nom au parc. La marche aller-retour nous prend 6 petites heures et le déjeuner au pied des Torres vaut le détour (malgré le froid qui nous oblige à remettre manteau et bonnet). Sur le chemin, le temps passe du grand beau à la neige, ce qui est tout à fait normal pour un été patagonien… Cette journée aurait été parfaite si nous n’avions pas fait l’erreur de penser que nous pouvions pousser un peu plus loin, et partir avec nos sacs pour dormir au campement suivant (ce qui était initialement prévu était de rejoindre le campement suivant par transports en commun mais nous avons été un peu gourmands…). Nous voilà partis à 17h pour une marche qui va nous prendre 4 heures, tout cela en portant chacun nos gros sacs plus la tente – très mauvaise idée. Nous arrivons lessivés à 21h au campement suivant (Los Cerros), après une journée de 10h de marche pour 29km, un peu excessif… Cela dit, la dernière portion de marche était magnifique, longeant un lac et nous offrant les montagnes à l’horizon. Et puis il ne faut pas oublier qu’il fait nuit à 23h en Patagonie donc ça fait de longues journées qu’il faut bien occuper…

Our tent is slightly smaller than the one we had during the Choquequirau trek, but it big enough for the two of us. After the first night, we start walking on the 1st leg of the so-called W-treck (named after the shape of the hikes when you look at the map) towards the Torres (who give their name to the park) which are about 3 hours away from the camp. The weather is changing quickly from sun to snow and sun again (that’s what you get during the Patagonian summer) and when we reach the Torres we need to wear our hat and coat for our lunch. But the view is magnificent! We’re back to the camp after a 6 hour-walk, and everything would have been fine had we not decided to walk a little further to the next camp where we plan to spend the night (initial and wiser plan was to get there with the bus…). We leave the first camp at about 5pm for a 4 hour walk, carrying our big bags and the tent – not so clever. We finally get to the next camp at 9pm, exhausted and having walked 19 miles in 10 hours. That’s probably too much... Having said that, the last part of the walk was beautiful, along a lake and with mountains at the back. Plus let’s keep in mind dark does not come before 11pm in Patagonia, so you should enjoy long days!

Après notre deuxième nuit (réparatrice car nous ne pouvions Presque plus marcher en arrivant au campement!) nous décidons d’y aller un peu plus mollo pour la deuxième journée de marche. Nous nous dirigeons vers le campement Italiano, d’où démarre l’ascension vers les campements Français et Britanniques. L’intérêt principal du parcours est d’observer notre premier glacier – le glacier Frances. Nous y arrivons pour l’heure du pique-nique et mangeons ébahis devant cet être clairement vivant et très bruyant et dont des pans entiers de glace s’effondrent de temps à autre dans un grondement qui résonne dans la vallée. Nous n’allons pas tout au bout de la balade mais compte tenu de l’heure et de la distance du prochain campement (et de l’expérience de la veille), nous décidons d’être raisonnables et de rebrousser chemin vers le campement Italiano, d’où un autre chemin nous emmène au campement Paine Grande. Au total : 19km en 8h.

The second night was very much needed indeed and we decide to slow things down for the second day. We head towards the Italiano camp, where another walk towards the French and British camps starts. The main attraction here is to see our first ever glacier: the glacier Frances. We get there for lunch and eat our box-lunch in admiration in front of this living giant, making weird noises and letting go huge blocks of ice from time to time. The walk continues further on but because it’s late already (and also because of the day before) we decide to go back as we still need to walk another 3 hour to the camp where we sleep that nigh: Paine Grande. In total, we’ve walked 13 miles in 8 hours.

Au matin du troisième jour (le 31 décembre), les nuits dans la tente commencent à faire leur effet sur notre dos et nous commençons à en avoir un peu marre. La bonne nouvelle est que le prochain refuge a 2 lits disponibles pour les 2 prochaines nuits. Nous décidons donc de laisser notre tente à Paine Grande (où nous repasserons au retour de toute façon) et de profiter de nos deux dernières nuits dans le parc en nous offrant des vrais lits (même si ce ne sont que des dortoirs, le prix des lits les font ressembler à un luxe !). Au programme de la journée, une marche très raisonnable de 3h30, mais quand même avec les gros sacs sur le dos (sans la tente cette fois). Nous longeons encore un lac, et au bout du lac, en cadeau d’arrivée, nous attend le glacier Grey, magnifique et imposant, et juste en face du refuge où nous allons passer la nuit. Tellement près que de gros blocs de glace tombés du glacier arrivent sur les bords du lac, disponibles pour les gérants du refuge qui les utilisent comme frigo naturel !

The 3rd morning, our backs and hips are aching, the price to pay when camping. We’re checking with the refuge if beds are available and luckily we find 2 bunk beds for the next 2 nights. We indulge and book them. It’s New Year ’s Eve after all. We leave our tent at the Paine Grande refuge and head to the Lago Grey refuge, an easy 3h30 away. We still carry our big backpacks but without the 4kg of the tent, it makes a great deal of difference. This short trek is wonderful as we walk along the Grey lake where small icebergs float as one get closer to the glacier. As we arrive to the refuge, the imposing Grey Glacier emerges from behind the forest. The view is simply breathtaking. The glacier is huge and leaves us speechless. The refuge is right by the shore, at a short distance of the glacier. The landlords use the ice floating on the lake as a natural and free giant fridge!

Nous sommes le 31 décembre, et nous apprêtons donc à fêter le Nouvel An. Lorsque nous arrivons au refuge, des personnes mettent en place les décorations (ballons et banderoles diverses et variées). Nous optons pour l’option la plus tardive (20h30, rien de déraisonnable quand même) et en attendant Fred s’offre une petite bière fraîche (la première du trek), qu’il déguste face au glacier… On a fait pire comme réveillon J
Nous passons ensuite à table, entourés d’un couple de français de Tahiti en vacances scolaires et d’un couple de Hollandaises. Un québécois nous rejoint un peu plus tard et monopolise pas mal la conversation, ce qui nous convient car nos voisins de table n’étaient pas très bavards. Le menu consiste d’un beau morceau d’agneau grillé au feu de bois à l’extérieur du refuge (délicieux) accompagné de salade – le tout servi avec un Pisco Sour et une demi-bouteille de vin par personne (un peu beaucoup pour nous qui ne buvons plus beaucoup de vin). A 22h30 tout le monde a fini et nous décidons de ne pas attendre minuit mais de rejoindre nos lits. Cependant nous nous faisons piéger par le Docteur House (la série) et en fait célébrons minuit tous les deux en regardant un épisode…

It’s New Year’s Eve so when we arrive at the refuge, people are decorating it with balloons and other stuffs. It seems that a party will take place here tonight! As we’re waiting for the diner to be served, Fred is sipping an ice cold beer in front of the glacier, the struggle of the 1st hike is only a distant memory ;-). Around 8h30 or 9pm, the diner is served and sitting at our table is another French couple (from French Polynesia) and 2 Dutch girls. We’re then joined by another French speaker from Quebec who’s very chatty which is fine by us as the other guys were very quiet. The diner consists of a wooden BBQ of Patagonian lamb and fresh salad, served with an aperitif of Pisco Sour and half a bottle of wine per person. This is quite a lot for us as we’re no longer used to drink wine but it’s very nice nevertheless! Comes 10.30pm and we’re done with the diner. We decide not to wait for midnight as we’re tired and head to bed. We’re in our duvets watching a House episode when midnight rings, 2010, here we are!

Le reste de la nuit est quelque peu agité puisque nous héritons d’un ronfleur fou qui a clairement trop bu et qui nous offre un concert privé jusqu’au lendemain matin (même les boules quies n’y font rien, nous avons à faire à un concurrent hors norme qui nous livre une très très belle prestation!).
Malgré cela la journée du 1er janvier est extraordinaire, puisque nous partons marcher un peu plus loin que le refuge, à la découverte des plus belles vues sur le Glacier Grey. La ballade est fantastique, mais au bout de 4 heures de marche, nous décidons de faire demi-tour, même si normalement nous devrions bientôt passer de l’autre côté d’une montagne pour observer un autre glacier qui se cache derrière. Mais nous rencontrons deux jeunes filles qui nous disent que c’est encore à une bonne heure de marche, or nous devons quand même penser au retour puisque nous dormons dans le même refuge que la veille. Ca nous fera quand même une belle journée et nous rentrons bien fatigués au refuge, où nous sommes bien contents le soir de finir les restes de l’agneau de la veille !

The night is a bit of a nightmare as we share the dorm with a mad snorer. It’s simply beyond imagination. The ear plugs are of no help in the circumstances. There must be a snoring world championship being organized in the dorm and no one has warned us…truly unbelievable! After this rather light and truly annoying sleep we start the new year with a wonderful hike along the Glacier Grey. The walk offers a great mix of views over the glacier and walks in ancient forests. After a good 4hours along the glacier, overlooking the cracks, we decide to head back to the refuge as 2 girls we met en route tell us that the nest view point over another glacier in the next valley is a further 1 hour walk steeply uphill. It would have been too tight to come back in time for the diner served at the refuge. It was a wise decision as we arrive just on time for supper which consists of the left-over from yesterday night. N o big deal, we’re roast lamb is always welcome after an 8h hike!

Le programme du 5ème et dernier jour du trek (2 janvier) est simple sur le papier : nous devons retourner au refuge Paine Grande récupérer notre tente et prendre le bateau qui nous ramène à l’entrée du parc pour rejoindre Puerto Natales où nous passons la nuit avant de prendre le bus pour Ushuaia. La marche est de 3h30min (comme à l’aller), mais nous n’avions pas prévu le vent : une vraie tempête s’est levée et nous devons littéralement lutter pour rester debout (au point qu’une rafale de vent entraîne Natacha par terre, la tête contre une pierre – le gros sac a une bonne prise au vent et accentue donc la difficulté – heureusement plus de peur que de mal, mais ça témoigne de la force du vent !). Nous arrivons dans les temps au refuge Paine Grande, contents d’avoir terminé quand même ! Le retour se passe très bien ensuite, la petite ballade en bateau est bien agréable pour dire au revoir aux paysages qui nous ont accompagné pendant ces 5 belles journées.

We spend our last night at refuge Grey in the comfort of a private dorm i.e. only one bunk bed and no mad snorer around! The fifth day of the W- trek (2nd Jan) should be simple in theory: we need to go back to Paine Grande for our tent and to take the boat which takes us to the park entry where a bus drives us back to Puerto Natales. We need to be there that night as we have an early bus for Ushuaia the next day. The walk of 3h30 min gets more complicated though, because of the strong wind that blows that day: there’s literally a storm outside and we have to struggle to remain on our feet (so much that wind finally wins and puts Nat to the ground – because of the weight of the big bag which got multiplied with the strength of the wind – fortunately that was just frightening but there was no harm done). We finally get to Paine Grande in time for the boat. The rest of the trip is eventless, with a nice boat ride taking us for the last time through the beautiful landscapes we’ve been enjoying for the past 5 days…

Le bilan du trek est très positif, un peu plus difficile qu’on ne l’imaginait peut-être : après nos marches au-dessus de 3000m, nous pensions trouver « facile » des randonnées au niveau de la mer, mais marcher 5 jours de suite et 93km use bien les jambes (et surtout les genoux ! Nous aurions dû louer des bâtons de marche). Mais tout est quand même très bien organisé, il est possible de dormir chaque soir dans un lit (si on s’y prend un peu plus à l’avance que nous pour réserver…) et d’avoir un repas chaud – à condition d’y mettre le prix. Et puis évidemment devoir porter les gros sacs et la tente ajoute énormément à la difficulté. C’est la dernière fois que nous marchons avec un tel poids sur le dos !
Dans le parc proprement dit, en raison de la fréquentation des chemins, la faune sauvage n’est pas très présente ce qui est un peu dommage car le cadre est superbe. Nous nous rattrapons sur le chemin du retour vers Puerto Natales où nous pouvons admirer nos premiers guanacos du voyage (c’est le camélidé sauvage dont descend le lama), des ibis, de magnifiques condors et quelques flamants roses. Ce qui restera en mémoire de ce trek est bien évidemment la magie des paysages que nous avons pu observer, une chance car nombreux sont ceux qui viennent au parc mais ne peuvent profiter des paysages à cause de la météo.

Overall, we’ve loved this trek. It was probably more difficult than we were first thinking: after trekking above 12000ft, we thought it would be easy to walk at sea level. But when you walk for 5 days in a row for 58 miles, that’s a bit too much for the legs (and especially for the knees – we should have bought walking sticks!). However, all is very well organized and you can do the trek while sleeping a real bed every night (that means if you get this sorted more in advance than we did) and eat a hot meal – if you want to pay the price. Of course, carrying your big bag as well as a tent will make things more difficult…It’s probably the last time we walk while carrying those bags!
There is not much wildlife in the park, because of the number of people walking around of course. But we got a small gift at the very end, on our way back, when we saw our first Guanacos (wild lamas), as well as ibis, condors and a few flamingos.
What will remain has to be the magnificent landscapes we could enjoy – which is lucky keeping in mind some people come here and get such a bad weather they can’t even see around…

mardi 26 janvier 2010

Valparaiso et la Vallée de Casablanca / Valparaiso and the Casablanca valley

Le 26 Décembre nous mettons le cap sur Valparaiso et la vallée des vins de Casablanca. Nous avions réservé une voiture « économique » mais après quelques kilomètres nous réalisons que les voitures chinoises (en l’occurrence Chery) mériteraient une catégorie juste pour elles. Nous avons pensé à des noms mais nous restons polis sur notre blog !
Valparaiso se trouve à seulement 1h de route sur la côte du Chili au niveau de Santiago et en chemin se trouve une des trois régions viticoles du pays. C’est la plus récente car les plus anciens pieds de vigne ici n’ont que 15 ans. En chemin, nous visitons la bodega Matetic. Ce vignoble est fruit d’un rêve d’une des 20 familles (haciendas) qui contrôlent le Chili. Architecture Feng-Chui, éoliennes et hélicoptère pour éviter le gel, production 100% bio et autosuffisante (le vin est clarifié avec le blanc des œufs des poules du domaine, les cornes des chèvres du domaine sont utilisées comme engrais, etc.), musique live jouée dans une cave dont les proportions respectent le nombre d’or, rien ici n’est laissé « au hasard » pour produire quelques milliers de bouteilles sur les dizaines d’hectares de vigne. Nous avions la chance d’avoir une visite privée menée par le musicien en charge d’organiser les concerts donnés en privé aux les tonneaux, autant dire que nous allions de surprises en surprises en découvrant chacune de folies élevées au rang de dogme pour produire le meilleur vin. Il y a un monde entre ce domaine et ceux que nous avions pu visiter en Champagne ou en Alsace où nous discutions avec le vigneron dans son garage…Allégés de 40 US dollars et après une dégustation de 2 vins agréables mais communs et jeunes…nous ne regrettions par l’expérience, mais avions un peu l’impression que le vin n’était finalement qu’un prétexte dans tout ça. Heureusement nous allions pouvoir nous rattraper le lendemain.

On 26th December we head to Valparaiso, about one hour away from Santiago on the coast. We rented a car Category A – but we would soon discover Chinese cars (and especially this one, a Chery) would need to have a category on their own… We had some ideas for names but we won’t post them on the blog!
On the way to Valparaiso, we go through the Casablanca Valley, one of the 3 biggest wine valleys in Chile. Wineries are quite young here as the vines are not older than 15 years old. The first winery we stop at is called Matetic. This is the dream come true for one of the 20 big families that control Chile (owning the hacienda). There is Feng-Chui architecture, to avoid that the vines freeze, they use wind-powered machines as well as helicopters, the production is 100% organic and self-sufficient (wine is clarified with the white of the property’s hens’ eggs and excrements are used as fertilizer…), but they also play live music to the ageing wine in casks! They really get everything under control to produce just a few thousands bottles a year with their dozens acres of vines. Our guide was the guy playing music to the casks so you can imagine how our visit became a succession of surprises to discover their crazy rules to make better wine…Quite different from previous wine routes we’ve done in Alsace and Champagne, where the wine maker explained us his art in his garage… After being US$40 less rich and having tasted 2 wines which were ok but quite young, we did not regret our experience but had the impression wine was merely a pretext in this whole enterprise… Fortunately, we were going to be better off the next day.


Après cette première étape, nous continuons vers Valparaiso, au point mort dans les descentes et en 4ème vitesse dans les plats et les côtes! En effet, quand le réservoir d’une « Chery » indique qu’il reste ¼ (comme c’était le cas lorsque nous l’avons prise)…et bien il reste sans doute 5 litres. Résultat, nous avons frôlé le doublé : 1ère location de voiture du voyage et 1ère panne d’essence ! Vivent les voitures chinoises !
En approchant de Valparaiso, le ciel commence à s’obscurcir fortement (non ce n’est pas l’apocalypse de l’industrie automobile occidentale dépassée par le technologie chinoise) en raison de feus de forêts qui font rage sur les hauteurs de Valparaiso. La ville est couverte de cendres et nous ne voyons plus le soleil. Pour une ville classée patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en raison des maisons de couleurs posées sur 42 collines de la ville, nous sommes pour le moins déçus. Nous n’aurons pas le chance de prendre des photos « carte postales » comme il se doit à Valparaiso normalement. Nous visitons la ville dans une atmosphère irréelle, digne de l’apocalypse, enfin c’est comme ça que le décrit le prêtre défroqué qui tient l’auberge où nous passons la nuit !
Le soir, nous rendons visite à Pierre-Axel (le frère d’une de nos amies, Nathalie) dans le restaurant qu’il tient avec sa copine. La carte du « Delicatessen » est très riche et orientée fusion-food. Nous nous régalons de coquilles Saint-Jacques, filet de bœuf mariné et tiramisu. C’est sans doute le meilleur repas depuis notre départ, et pour un 26 décembre, c’est finalement un repas de Noël un peu en retard.

We then continue to Valparaiso, keeping neutral downhill and moving to 4th gear for flat road and uphill…That’s to avoid having no more fuel as we discovered that when the “Chery” tells you you only have ¼ fuel left it really means barely 5 liters…
When we get closer to Valparaiso the sky gets very dark because there are forest fires in the area. The town is full of ashes and we can’t even see the sun. This town is classified by the UNESCO because of its lovely coloured houses and you’re supposed to take postcard-like pictures, but we’re quite disappointed as we can’t see any of that. The atmosphere is not even real, it feels like it’s the apocalypse (or at least that’s what the liberal priest who manages our hostel tells us).
On the evening we go to the restaurant managed by Pierre-Axel, brother of our friend Nathalie, and his girlfriend. It’s called Delicatessen and the food is very international and subtle. We enjoy scallops, beef fillet and tiramisu. Definitely the best meal we’ve had since we left Europe – and because it’s 26th Dec we consider it as our delayed Christmas dinner!



Le dimanche 27 décembre, sur la route du retour vers Santiago, nous avions réservé un menu dégustation avec association des vins à la Bodega Morande. Pas de musique pour le vin ici ! Simplement des bons produits de la mer et du terroir et des vins mono-cépages très simples mais très bons, bref un 2nd repas de Noël pour nous. Nous finissons notre visite de la vallée de Casablanca par une dernière maison, la Bodega del Bosque avec ses magnifiques vignobles et – surprise - sa musique pour le vin… Matetic a fait des émules, c’est peut-être un concept à importer en France, au fin fond de la Bourgogne !

On Sunday 27th Dec, we head back to Santiago and on the way we enjoy a tasting menu with wine pairings – another Christmas lunch for us! It’s much more simple here (no music or anything, just good food and good wine)! We then end our visit of the Casablanca Valley with the Casa del Bosque, where there is a very nice scenery of the vines as well as… music played to the casks! This is clearly something we should look into for old wine houses in Bourgogne…


lundi 25 janvier 2010

Noël à Santiago / Jingle Bells in Santiago

Remis de notre galère de bus pour arriver à Santiago, nous nous promenons dans la ville le 24 et la première impression est unanime : quelle chaleur ! Après plus d’un mois au dessus de 2500m, nous avions oublié le chaud et les températures estivales… Santiago est une grande ville, très agréable, et la première où on se dit qu’on pourrait y vivre facilement.

After our difficult bus ride to Santiago, we decide to take it easy on 24th December and just walk around town. The first thing you think when you arrive in Santiago is how hot it is! After more than a month living above 7500ft you forget what it is to be warm and to have summer temperatures! Santiago is a lovely big city, the first of our trip where we feel we could live there.

Nous nous faisons un bon restaurant de fruits de mer au marché le midi car nous ne savons pas ce que nous pourrons manger le soir – les portions sont bien trop grosses et c’est avec regret que nous laissons plus de la moitié d’une riche paëlla et d’un plateau de fruits de mer. En même temps ce n’était pas aussi bon qu’en France J
Nous assistons ensuite à la messe de Noël dans la cathédrale de Santiago, célébrée par le Cardinal de Santiago. La cathédrale est pleine à craquer, les télévisions sont là pour retransmettre la messe en direct et nous faisons de notre mieux pour chanter même si nous ne comprenons rien à ce que dit le cardinal ou aux chants… Quelques chants se ressemblent et la célébration est évidemment semblable, mais nous ne saisissons pas toutes les subtilités de l’homélie…
Après la messe les choses se corsent pour trouver un restaurant ouvert... Nous finissons dans le bar d’un grand hôtel, avec des gambas frites et un plateau de jambon/fromage – le tout accompagné d’un verre de « champagne » (en tout cas c’est ce que dit la carte mais il s’agit en fait de cava…). Ca ne restera pas dans les annales comme un grand festin, mais c’était notre premier Noël en dehors de France.

At lunchtime we decide to play it safe and enjoy a nice meal as we don’t know what we’ll find for the dinner. We go for a sea food restaurant in the market, where portions are so big we leave half of our paella and sea food platter – it was maybe not as good as in France anywayJ
In the night, we attend the Christmas mass in the Cathedral, which is celebrated by the Cardinal of Santiago. The cathedral is full and TV is here to broadcast the mass. We do our best to fit in even though we don’t get a word of what the cardinal says or the gospels even though some gospels are the same, and the mass is similar to what we know already.

After the mass it gets tricky to find a restaurant that's open and will serve us dinner. We end up in the bar of a 5 star hotel, eating fried gambas and a platter of cheese and ham - drawned with a glass of so-called "champagne" (really just cava). That won't remain in our memories a great meal, but that was still our first Christmas outside of France!
Le lendemain, 25 décembre, la journée commence avec une surprise de Fred qui fait un petit cadeau à Natacha pour Noël (nous avions pourtant clairement dit : pas de cadeau !). Ensuite nous partons nous promener en ville et particulièrement au Cerro San Cristobal, une grande colline dont la statue de la vierge plantée au sommet domine le centre de Santiago. Après avoir monté la colline (400m) et admiré la vue, nous profitons d’une piscine extérieure dans le parc, bienvenue compte tenu de la température ambiante. Il est agréable de se dire qu’on se baigne en extérieur avec vue sur Santiago le jour de Noël !

The next day, 25th December, the day starts with Fred giving a surprise gift to Nat (we did say no gift though…) We then walk around town and particularly in Cerro San Cristobal, which is a quite a steep hill overlooking the town. After climbing it (1200t) and enjoying the view, we jump in an outdoor swimming pool which is very enjoyable considering the temperature. It’s quite nice and unusual to swim around looking over Santiago on Christmas day!


Recherche bus désespérément… / Desperately seeking bus

Nos espoirs de rejoindre Santiago a temps pour Noel s'effritent et les choses se corsent un peu quand en allant vérifier les horaires des bus de San Pedro de Atacama pour La Serena (via Calama) nous réalisons que les bus sont complets…A l’approche de Noël, nous ne sommes pas les seuls à vouloir rejoindre Santiago ! Nous trouvons des places pour Calama…mais chacun de nos appels pour réserver des places vers La Serena se solde par la même réponse : nada ! Nous décidons de prendre tout de même le bus pour Calama et y tenter notre chance, mais nous n’y trouvons toujours pas de places pour La Serena. Nous trouvons néanmoins 2 places pour Antofagasta (2ème ville du Chili) ce qui nous avance de 3h dans notre descente vers la Serena. Comme il s’agit d’une ville bien plus grande que Calama, nous pensons avoir plus de chance et espérons trouver des billets pour La Serena.

Issues started when we checked the timetable for buses from San Pedro de Atacamato La Serena, our next stop (we have to go via another town called Calama). All buses are full! It’s Christmas time and everyone is going south to be with their family… We still manage to get tickets to Calama, where we hope we can get tickets to La Serena. But when we arrive to Calama, there is still no bus ticket available, and we decide to go to Antofagasta (Chile’s 2nd biggest town) where we think we have a better chance of going further south.

Une fois arrivés à Antofagasta, nous réalisons assez vite que tous les bus pour Santiago sont complets et ce pour les 3 ou 4 prochains jours (donc après Noël). Cependant nous nous faisons aborder par un groupe d’hommes qui attendent un hypothétique bus supplémentaire dans lequel nous pourrions également prendre place… Cela semble un peu trop beau pour être vrai et nous sommes très méfiants mais en même temps nous n’avons pas vraiment de plan B. Après une bonne heure d’attente, le groupe est toujours là et ne nous lâche pas – la bonne nouvelle c’est qu’ils impliquent maintenant le management de Pullman (une grande compagnie de bus) ce qui nous rassure. Nous comprenons ensuite que c’est un groupe de mineurs qui veulent rentrer chez eux pour les fêtes (la plupart des mineurs viennent du sud du Chili) et qui affrètent un bus spécial. Nous y prenons donc place, pour un trajet durant lequel Natacha sera la seule fille à bord (en plus de la femme d’un des mineurs qui arrivera plus tard). Au final nous leur sommes bien reconnaissants car ils nous ont évité une bonne galère et nous permettent d’arriver à Santiago le 23 décembre, à temps pour y passer Noël. Cela veut dire que nous ne pouvons pas nous arrêter à La Serena et y faire ce que nous avions prévu (visite de centre astronomique de nuit et observation des étoiles ainsi que visite d’une production de pisco) mais ce sera pour une prochaine fois !

When we reach Antofagasta, we understand pretty quickly we won’t get any ticket to Santiago or La Serena, and that’s true for the next few days as well ! A group of men offers us a ride in an additional bus – this looks to good to be true, and we are very skeptical. But after an hour or so of waiting, they start liaising with the Pullman company (one of the biggest bus companies) which definitely reassures us. We understand they’re actually a group of miners who’re going south for Christmas (as most of the miners in Chile come from the South of the country) and they are negotiating a special bus for them with Pullman as they’re a big group. We then leave with them for Santiago in a trip where Nat is the only woman on board (apart from one of the miner’s wife who showed up later). We’re lucky we found them as it means we could be in Santiago on 23rd December – in time for Christmas!

San Pedro de Atacama, Chili

Pour notre deuxième jour à San Pedro (Lundi 21 Décembre), nous avons prévu d’aller visiter la Vallée de la Luna en fin d’après-midi. Aussi le matin nous nous reposons.
A 16h nous débutons le tour de la Vallée de la Luna. Le désert autour de San Pedro de Atacama est le plus sec du monde avec 2 fois moins de précipitations annuelles que dans le Sahara ce qui donne des paysages uniques et notamment une vallée qui ressemble aux paysages lunaires. Le tour débute par un passage dans la Vallée de la Muerte (vallée de la mort) ainsi nommée car elle ne contient aucune forme de vie…à moins que ce ne soit une déformation de Vallée de Marte (Mars) car la pierre rouge et les paysages font penser au sol martien. Nous marchons ensuite dans un canyon de sel qui était il y a 1000 ans encore une rivière dans la vallée de la Luna. La fin du tour consiste à monter en haut d’une dune d’environ 80m de haut pour admirer le coucher de soleil sur les Andes et dans la vallée. La lumière du coucher de soleil enflamme ces paysages désertiques et nous donne un spectacle magnifique.

Our second day in San Pedro is dedicated to the Moon Valley around the town of San Pedro de Atacama. The desert here is the driest in the whole world, receiving less than half the rain that the Sahara desert gets! This means the landscapes are amazing and do indeed look like the Moon (from what we know anyway…). We first go to a place called the Death Valley because there is no life in there (or maybe this is a bad spelling of the Mars Valley (Vallee de la Marte in Spanish instead of Valley de la Muerte) as the red rocks make it look like Mars – again from what we know…). We then walk in a salt canyon that was still a river only 1000 years ago! Finally the highlight of the tour is the sunset seen from a 80m sand dune, where we witness incredible lights & colours as you can see in the pictures.

Le lendemain matin, pour notre dernier jour à San Pedro, nous nous faisons encore un petit plaisir en allant visiter les geysers de Tatio…ce qui nous fait nous lever une fois encore à 3h45 du matin ! Cette sortie ressemble beaucoup au dernier matin dans le Salar d’Uyuni. En effet nous arrivons à l’aube au champ géothermique pour voir le jour se lever au milieu des vapeurs libérées par les geysers. A la différence des geysers de la frontière bolivienne, ceux-ci crachent également de l’eau ce qui avec le temps crée des formations minérales. A raison de 1mm par an, certaines formations doivent avoir 25 millions d’années ! Le froid est encore plus intense que du côté bolivien et les -4 degrés ont presque eu raison de notre motivation pour se plonger encore une fois dans une piscine thermale chauffée par l’activité volcanique. Comme il y a quelques jours en Bolivie, la sortie du bain est douloureuse tant le froid est mordant.
Le tour se termine par la visite du village de Machuka, typique des Andes avec ses maisons en terre et toit de paille, sa petite église blanchie à la chaux et son troupeau de Lama.

The next day our final tour takes us to the Tatio geysers… and wakes us up at 3.45am ! Not nice… Overall, it’s quite similar to the last day of the Salar de Uyuni tour (we see the sunrise in the middle of foam from the geysers) but this time the geysers also throw water which is quite impressive – and it means the water creates mineral formations, which grow by 1mm every year (some of them are as old as 25 million years!). Then, despite the freezing cold outside (-4 degrees Celsius) we go one more time in a hot thermal pool which is always enjoyable…
Finally we visit a tiny village called Machuka, which is so typical with small houses built in earth and the white church surrounded by a pack of llamas.














Impressions boliviennes…

La Bolivie est un pays plein de ressources. C’est vrai pour ses ressources naturelles, c’est aussi vrai pour ce qu’on peut y faire. Le pays ne figurait pas sur notre itinéraire initial, mais nos discussions diverses avec les gens qui connaissent l’Amérique du Sud l’ont rendue tout simplement incontournable. De quelques jours, nous y sommes finalement resté deux semaines entières (qui ont amputé sur le Chili malheureusement…). Et pourtant il nous reste tant à y faire. Nous n’avons pas vu la jungle et avons tout juste goûté aux plaisirs de la montagne. Une chose est sûre : nous reviendrons en Bolivie un jour ou l’autre !

La première impression de la Bolivie reste cependant sa pauvreté, notamment comparée avec les pays avoisinants. Depuis le Pérou, le choc est moins grand, mais le coût du voyage était quand même bien moindre du côté Bolivien (c’est de loin le pays le moins cher où l’on ait voyagé) et l’industrie touristique est moins développée (contrairement au Pérou, en Bolivie nous n’étions pas sollicités à tous les coins de rue pour faire des excursions ou acheter des babioles). En revanche, c’est le jour et la nuit avec le Chili. La différence entre les deux pays se matérialise tout simplement par la route : après trois jours de 4x4 dans le Salar de Uyuni sur des routes en terre que les suspensions modestes nous permettaient de bien sentir, arriver sur les routes goudronnées chiliennes nous a tout simplement paru irréel et très agréable ! Tout cela simplement séparé par un minuscule poste de frontière, dans le même parc avec les mêmes décors, mais avec un développement très différent. Cependant si vous parlez avec un Bolivien, il vous dira que son pays est le plus riche des pays alentours (en référence aux richesses naturelles).

D’un point de vue historique et politique, c’est également un pays très intéressant. Comme la plupart des pays d’Amérique du Sud, l’instabilité politique a régné depuis l’Indépendance mais la différence ici s’appelle Evo – comme Evo Morales, le président Bolivien, facilement réélu lors de notre séjour dans le pays. Il est incroyable de voir la popularité de cet homme auprès de la population (cela est vrai pour les régions que nous avons visitées – Lac Titicaca, La Paz & le Sud – mais apparemment c’est beaucoup moins vrai au Nord dans la Jungle où la population est plus conservatrice et libérale et ne soutient pas Evo). L’autre élément marquant de l’histoire du pays pour nous a été à quel point il s’est littéralement fait dépouillé par tous ses voisins à travers de multiples annexions qui ont fait perdre au pays 1/3 de sa surface initiale ! (la pire annexion étant la région d’Antofagasta qui était le seul accès à la mer et qui est maintenant Chilien). Cette région est riche de ressources minières particulièrement importantes. C’était le cas au moment de l’annexion au 19ème siècle pour des minerais utilisés dans des engrais chimiques et c’est aujourd’hui le cas pour les réserves connues de lithium. Le Chili est le premier producteur mondial de Lithium et détient 70% des ressources mondiales. A l’heure où tous les instruments électroniques portatifs commencent à être alimentés aux piles au lithium, cela permet au Chili de voir l’avenir sereinement !

Enfin évidemment, l’importance de la coca n’est mieux ressentie nulle part ailleurs qu’en Bolivie. En plus du très instructif musée de la coca de La Paz (visite incontournable ! cf. post précédent) de nombreux débats existent encore autour de la Coca et du dilemme entre son utilisation traditionnelle et sa dimension culturelle pour la population locale et son côté business pour produire de la cocaïne à bas prix et l’exporter vers les US… Nous ne sommes pas restés assez longtemps pour avoir les réponses, existent-t-elles d’ailleurs en termes simples ?

La dernière impression que nous aimerions souligner sur la Bolivie touche moins au pays en lui-même qu’à une étape dans notre voyage où nous nous sommes vraiment installés dans le rythme du voyage et des déplacements permanents. Un petit détail qui peut paraître insignifiant est que nous avons commencé le jour même où nous sommes arrivés en Bolivie à regarder les séries TV que nous avions emmenées sur notre ordinateur. Cela nous permet d’installer une certaine routine (semblable à ce qu’on faisait à Londres les soirs de semaine après le boulot donc qui nous rattache aussi avec notre « vie d’avant ») dans notre quotidien fait de découvertes et de changements permanents. Détail insignifiant mais qui nous donne un équilibre - sauf quand Natacha veut regarder 4 épisodes de 24 à la suite ;-). Pour ceux que ça intéresse, nous avons fait la saison 1 de House (à bloc sur Greg) et la saison 7 de 24 (toujours aussi bon !) et sommes en passe de lancer la saison 3 de Lost…

vendredi 25 décembre 2009

Salar de Uyuni

Pour rejoindre Uyuni, nous prenons un bus depuis Potosi le jeudi 17 décembre (bien mieux que celui de la veille depuis Sucre) qui nous y emmène en moins de 6 heures, en incluant une pause forcée due à un crevage. La ville d’Uyuni en elle-même n’a que peu d’intérêt et n’attire les touristes que comme point de départ du Southwest Circuit dont le point central est bien entendu le Salar de Uyuni.

On Thursday 17th Dec we take a bus from Potosi to Uyuni and we get there in less than 6 hours (despite an unplanned stop due to a flat tire…). There is not much to do or see in Uyuni: most people come here become that’s where you leave from to go to the Salar…

Ayant réservé notre tour depuis La Paz, nous pouvons nous relaxer jusqu’au lendemain matin 10h30, heure de départ. Notre groupe est composé de 6 personnes plus le guide/chauffeur : 2 hollandaises en voyage en Amérique du Sud pendant 6 mois, une tchèque qui vient de terminer une mission de surveillance de l’élection bolivienne pour l’Union Européenne (pour info le rapport est bon et l’élection s’est déroulée de manière correcte) et une française en voyage pendant 7 mois (63 ans, institutrice retraitée de Bordeaux). Notre guide, Cornelio, n’est pas très bavard et nous ne savons pas grand-chose de lui – en fait il est plus chauffeur du 4x4 que guide.

Since we booked our tour from La Paz we can enjoy a relaxing afternoon & night – the tour is only leaving the next day at 10.30am. Our group is made of 6 people and the guide: 2 Dutch girls who are traveling for 6 months around South America, a Czech girl who just finished a mission for the EU monitoring the elections in Bolivia (for your information the final report was positive and the elections were fair) and a French lady, retired from being a school teacher and now traveling for 7 months in South America. Our guide, Cornelio, does not speak much so we don’t know a lot about him – most of what he does is actually driving the 4x4.

Nous commençons le tour par la visite d’un cimetière de trains. C’étaient les trains qui exportaient les minerais extraits à Potosi (bonne continuité pour nous après la visite des mines). Le prochain arrêt est pour un petit village et son « musée » (en fait une exposition de statues de sel en forme d’animaux divers). Jusqu’à maintenant, les arrêts sont d’un intérêt limité et nous avons hâte de d’entrer dans le vif du sujet avec le Salar.
Heureusement ça arrive juste après et nous entrons enfin dans le Salar de Uyuni. La première partie n’est pas blanche mais plutôt marron clair, car le sel est mélangé à la terre. Des paysans travaillent le sel et en font des tas pour le drainer avant de l’amener au village le plus proche pour le laver, l’affiner puis le vendre. Le Salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel au monde (12000 m²) mais il est pour l’instant principalement dédié au tourisme. Un autre salar, celui de Copoisa, un peu plus au Nord produit bien plus de sel pour la Bolivie. A eux deux, ces déserts de sel fournissent tous les Boliviens en sel (mais rien de plus, pas d’exportation). La formation de ces salars date d’il y a environ 13000 ans, après qu’un grand lac s’est évaporé et a laissé place à deux petits lacs et deux salars.

We start the tour with the train cemetery – these were old trains carrying the minerals from Potosi to Chile. The next stop is for a small village and its “Museum” (basically animal statues made in salt…). We’re quite anxious to get to the Salar as it’s the main reason we’re here. Good news: that’s the next stop! The first part of it is surprisingly not white but brown as the salt is mixed with some earth. Farmers are working there, collecting salt, making it dry and then washing it before selling it to the next village.
The Salar de Uyuni is the biggest Salar in the world (12,000 m²) and is mainly dedicated to tourism. Another Salar (Copoisa) is actually the main source of salt for Bolivian consumption as it’s much more exploited. Needless to say Bolivia does not need to import salt, however it does not export any neither. The salars formed about 13,000 years ago after a huge lake evaporated & only left two small lakes and two big salars.
Nous reprenons ensuite la route pour la pause déjeuner, qui se trouve sur l’île Incahuasi, une petite montagne recouverte de cactus et où on peut se promener pour admirer la vue alentour, et qui était à l’époque du lac une montagne sous-marine (on peut encore observer les formations de corail). Autour de l’île, le Salar est maintenant d’un blanc éblouissant, à perte de vue nous ne voyons qu’une étendue blanche, avec les montagnes au loin. C’est magnifique… Après le déjeuner, nous nous adonnons à une séance photo originale, pour profiter du fond blanc offert pas le Salar et qui nous permet de jouer avec les profondeurs (quelques résultats ci-dessous).

We get back in the car for the lunch stop, on Isla Incahuasi, a small mountain with lots of cactus, all over viewing the Salar (it used to be a submarine Island where there was a lake and we can still see the coral). Around it, it’s all white now, and all we can see is a white floor with mountains around it. Fantastic… After lunch, we can enjoy a fun photo session, where we play with the depth offered by the white background of the Salar – check out some pictures below.

En milieu d’après-midi, il est déjà temps de quitter le Salar… Nous nous arrêtons dans un musée troglodyte qui est une grotte découverte en 2003 par deux boliviens. L’intérieur contient des fossiles d’algues et du corail. Très impressionnant.
En fin d’après-midi nous arrivons à notre hôtel de sel – comme son nom l’indique tout y est fait en sel ! Nous sommes le seul groupe à y dormir et les chambres sont très correctes. Nous avons le droit à un très beau coucher de soleil (la fin car on a loupé le début en discutant autour du goûter) mais malheureusement un ciel sans étoile…

In the middle of the afternoon, it’s already time to leave the Salar… We stop in a troglodyte museum, a cave discovered in 2003 by 2 Bolivian men. Inside there are seaweed fossils and corals. Quite impressing!
At the end of the afternoon we arrive to our salt hotel – obviously only made of salt. We are the only group to stay there and the rooms are quite good. We have a nice sunset but no stars in the sky…


La journée du lendemain est dédiée aux flamants roses ! Nous en voyons plein en s’arrêtant dans de trois différentes lagunes. Nous faisons beaucoup plus de route que la veille et les chemins sont très remuants malgré le 4x4… Mais les paysages sont tellement beaux que ça en vaut largement la peine : nous roulons pendant des heures et ne quittons pas les étendues désertiques à perte de vue, avec au loin des montagnes et quelques volcans, dont un en activité et dont on a pu observer les fumées. De nombreuses formations volcaniques font également partie du décor, et le rocher le plus connu du coin est le Rocher Arbre (comme son nom l’indique en forme d’arbre…).

The next day is dedicated to flamingos. We see lots of them in 3 different lagoons. The driving time is much longer than the day before and the paths are quite bumpy, but landscapes are so beautiful that it’s totally worth it. Despite driving for hours, we remain in a desert area, surrounded by mountains and volcanoes (one of which is still active and we can see fumes coming out of it). There are also a lot of volcanic rocks, the most famous of which is the Stone Tree (yes a stone in the shape of a tree…).

Cependant le clou du spectacle reste les flamants roses, qu’on n’a jamais pu observer de si près et dans un si beau décor. Il y en a trois types différents dans les lagunes – selon la couleur et la taille principalement. La dernière lagune (Laguna Colorada) est sans doute la plus belle des trois, tant par la quantité et diversité des flamants qu’on peut y voir, mais aussi par la couleur de l’eau : littéralement rouge, due à des petites algues & microorganismes.
En fin d’après-midi nous arrivons à l’hôtel, bien plus basique que la veille : une chambre pour tous les 6 et des lits durs comme la pierre…

However, the best part of the day remains the flamingos. We never have been able to see them so close and with such a beautiful background. There are 3 different types of them (according to their size and colours mainly). The last lagoon (Laguna Colorada) is definitely the most beautiful of the 3, not only because of all the flamingos we can see there (and of the 3 different species at the same time) but also because it’s bright red (because of a small weed).
At the end of the afternoon we arrive to our hotel for the night, much more basic than the night before: one room for the six of us, and beds are as hard as rocks…


Pour le dernier jour de notre tour dans le Sud Ouest Bolivien, le départ est annoncé à 4h30 du matin… cela doit permettre de voir le jour se lever sur un champ de geysers. Encore une fois, nous nous demandons ce qu’une telle heure de réveil peut bien faire dans notre planning de vacances. La nuit est courte et les « matelas » en pierre font que nous n’avons pas trop de mal à nous lever, à la différence des hollandaises et de la tchèque ! Le jour commence à se lever quand nous arrivons au champ géothermique parsemé de geysers qui projettent leur vapeur vers le ciel dans les premières lueurs du jour…le spectacle est une nouvelle fois splendide. Nous quittons ensuite le champ de geysers pour une nouvelle lagune mais cette fois nous partageons le privilège des flamands roses et pouvons goûter l’eau ! Une sorte de piscine a été aménagée dans un coin de la lagune d’où l’eau jaillit chauffée par l’activité volcanique souterraine. Nous en profitons avec délice pendant que le chauffeur-cuisinier s’occupe de préparer le petit déjeuner. C’est un vrai bonheur de profiter de cette eau brûlante alors que la température de l’air est proche de 0 degrés ! Nous ne sommes pas seuls dans la piscine mais l’instant est quand même très agréable. Le plus dur est de sortir de l’eau pour se changer, le sol froid sous les pieds est douloureux !

For the last day, we have to wake up at 4.30am – you might wonder why on earth we keep waking up at such crazy times during our holiday, but that means we’ll be able to watch the sunrise over the geysers… Plus the rock beds mean we don’t sleep well so it’s easier to get up (except for our Dutch and Czech companions). After about half an hour drive we arrive to the geothermic area where the geysers are steaming high in the sky. That’s definitely worth waking up early! We then go to a lagoon where we can even enjoy a hot bath, since the water is naturally heated by the volcano. It’s quite enjoyable to be in this hot water while the outside temperature is about 0 degrees! And the cook is preparing breakfast for us. The most difficult part is to get out, as the floor is very cold.

Après le petit-déjeuner, nous reprenons la route pour le dernier arrêt du trajet: la laguna Verde au pied du volcan Licancabur. Là encore, l’eau de la lagune se colore en fonction des minéraux présents dans l’eau. Dans celle-ci on trouve du cuivre ce qui donne une teinte légèrement verte à l’eau. Ce n’est cependant peut-être pas ce qui nous semble le plus beau, nous préférons la réflexion du volcan dans la lagune. Apres une petite séance photo pour essayer de capturer le volcan et tout son reflet dans l’eau, nous nous dirigeons vers le poste frontière (le volcan Licancabur marque la frontière entre la Bolivie et le Chili). Le passage se fait sans aucun problème car nous avions fait tamponner notre visa à Uyuni en prévision du passage de la frontière le matin du troisième jour.

After breakfast we head to the last stop of the tour: Laguna Verde, which gets its name from the green colour of the water due to the copper salt. The most beautiful thing is that the next door volcano, Licancabur, is reflected in the lagoon – we desperately try to capture it with the camera but the volcano does not fit as a whole in the lagoon… It’s then time for us to leave Bolivia and enter Chile. The volcano sets the border, and since we stamped our passport in Uyuni before the tour, getting into Chile is quite easy.


Dès que nous arrivons au Chili, nous voyons la différence de développement entre les deux pays voisins. En effet, une fois passée la frontière, nous retrouvons des routes goudronnées ! En moins de 2h nous rejoignons San Pedro de Atacama (au Nord du Salar de Atacama – un autre bout de désert de sel) où se trouve le poste frontière côté chilien. Nous devons cette fois passer nos bagages aux rayons X pour que les douanes puissent vérifier que nous ne transportons pas de fruits, légumes ou tout autre produit naturel. La production agricole est en effet très importante pour le Chili et tout est fait aux frontières pour éviter toute forme de contamination en provenance des pays étrangers ce qui aurait des conséquences néfastes sur la production chilienne.

As soon as we hit Chile, we can see the development gap between the 2 neighbouring countries – first of all we get back on tarmac roads. In less than a couple of hours, we arrive in San Pedro de Atacama (north of the Atacama Desert which is another salt flat) where we now need to cross the Chilean side of the border. It’s a little bit trickier as they check all our luggage in search of any fruits or vegetables (agriculture production is very important to Chile so they avoid any contamination from foreign countries as this would damage their own production).

Nous arrivons dans le centre de San Pedro vers 11h et après une petite heure de recherche, nous trouvons un petit hôtel très sympa : l’Eden Atacameno. Les prix n’ont rien à voir avec la Bolivie mais tous les hôtels ont le wi-fi !
Nous profitons de la connexion le reste de l’après-midi pour passer des coups de fil, organiser nos prochains jours au Chili et nous renseigner sur les tours proposés au départ de San Pedro de Atacama. Tout cela depuis le hamac de l’hôtel, en plein soleil…

It takes us about an hour to find a hotel in San Pedro – and it’s a nice one, the Eden Atacameno. We’re shocked by the prices compared to Bolivia (pretty much double) but at least all the hotels have got wifi. With the good Internet connexion we decide to stay in the hotel for the rest of the afternoon and organize the next few days of traveling. All of this from the nice hammock in the garden…

vendredi 18 décembre 2009

Potosi – Que vivan los mineros!

Mercredi 16 Décembre matin, nous quittons notre hôtel pour prendre le bus pour Potosi. Celui que nous avions réservé la veille ne partira finalement pas (pour une raison inconnue) et nous prenons le suivant. Ca veut dire que nous ne pourrons pas faire le tour des mines de Potosi que nous avions prévu dans l’après-midi car nous arriverons trop tard – tant pis, nous le ferons le lendemain.
Après 4h de route dans un bus très basique (les jambes de Fred étaient dans le couloir et beaucoup de gens voyageaient debout, les passagers incluaient aussi des poulets qui régulièrement attaquaient d’autres passagers en poussant des cris – une vraie étable…), nous arrivons à Potosi, l’une des plus grandes villes minières au monde et qui avait une importance capitale au XVIème siècle, lorsque les Espagnols ont commencé à exploiter ses mines d’argent. A l’époque la ville comptait 120 000 habitants soit plus que Londres ou Paris.

On Wednesday 16th December, we head for Potosi with a late bus because the one we had booked just won’t leave (we don’t know why). Not great as we had booked a tour of the mines in the afternoon & we’ll be too late for that… We’ll have to reschedule for the next day.
The journey takes 4 hours in a bus which counts as many humans as chickens for passengers. Occasionally, a chicken would attack a passenger shouting a bit, which makes the journey quite enjoyable (more so for Nat as Fred’s legs have to be in the corridor during the whole trip).
Potosi was a huge mining city in the XVIth century, when Spaniards started to exploit the mines there.


La première expérience de la ville fut très mauvaise, puisqu’on a failli être victime d’une arnaque à touristes, exactement comme décrite dans les guides : au terminal de bus nous prenons un taxi pour nous rendre à notre hôtel ; au bout de 10 secondes un autre passager monte dans le taxi (même si les guides disent de refuser de partager un taxi avec un autre passager, c’est tellement courant en Bolivie que dans les faits il est impossible de dire quoi que ce soit) ; 30 secondes plus tard, un autre homme rentre dans le taxi, cette fois-ci un « policier » qui contrôle les papiers du taxi, avant de contrôler le passeport de l’autre passager sud-américain, soi-disant à la recherche d’étrangers possédant de la drogue. Nous sommes méfiants dès le début, mais pas assez pour ne pas montrer le passeport. Heureusement, il le vérifie mais ne fait rien avec. Ensuite il demande à voir le sac de l’autre passager, l’inspecte devant nous et nous demande les nôtres. Cette fois-ci nous devenons vraiment très méfiants et refusons catégoriquement de donner nos sacs. Il n’insiste pas et quitte le taxi juste après. Curieusement, le taxi tombe ensuite en panne & nous laisse au beau milieu de la ville, heureusement avec tous nos sacs. C’est un cas d’école dans le monde de l’arnaque à touristes : le faux-flic, le faux touriste et le taxi complice. Heureusement le guide Lonely Planet décrivait très bien cette situation ce qui nous a permis de ne pas nous faire avoir et de nous en sortir sans aucun dégât – autre que l’amertume d’avoir été pris pour des cibles !

Our first experience in the city was quite a bad one as we were almost victims of tourist fraud. After taking a cab for our hotel, another man enters the same cab – travel guides warn you not to accept that however this is a common behaviour in Bolivia so you can’t really say anything. Then another man joins, this time a “policeman”. He checks the taxi driver’s license and then the other passenger’s passport, allegedly looking for foreigners carrying illegal drugs. Even though we’re not sure about it, we still hand out our passports as well and fortunately he gives them back to us straight away. He then checks the bag of the other passenger (always looking for drugs) and – of course – then wants to check ours. This time it’s too much and we strongly refuse to give him our bags. He does not insist and leave the cab. By coincidence, the cab then has a breakdown just after and both the taxi driver & the other passenger ask us to leave – with all our bags so that’s fine! This is a classic way of stealing from tourists: the fake policeman, the fake other tourist and the accomplice taxi driver. Good stuff the Lonely Planet described the situation perfectly and we could refuse to hand our bags – not sure we would have seen them back otherwise! Still it’s annoying to know they tried to steal from us!

Potosi méritait certainement une seconde chance et nous avons donc visité la Casa de la Moneda dans l’après-midi, l’endroit où les espagnols fabriquaient les pièces à partir de l’argent extrait des mines. Une visite intéressante, notamment pour les machines d’époque utilisées pour frapper les pièces.

Giving the city another chance, we decide to visit the Monetary House where Spaniards made coins from the silver they extracted from the mines. This is quite an interesting visit, especially as they still have the old machines from the XVIth century.

Le lendemain matin, nous pouvons enfin visiter l’endroit pour lequel Potosi attire tant de touristes en Bolivie : les mines qui sont encore en exploitation. Ces mines n’ont certes plus la production qu’elles avaient à la grande époque, cependant de nombreux jeunes hommes y travaillent encore car dans la région, il n’y pas beaucoup d’autres choix pour gagner de l’argent. De plus, le prix des minéraux ayant remonté, cela attire de plus en plus de monde. Il y a 4 ou 5 ans, la mine comptait 20,000 mineurs, ils sont 4,000 aujourd’hui. Entrer dans ces mines, c’est entrer dans l’univers de Germinal. Les conditions n’ont pas évolué depuis le siècle dernier, sans électricité. Nous avons organisé un tour privé car les tours réguliers partaient trop tard pour nous (nous devons prendre le bus pour Uyuni dans l’après-midi). Du coup nous sommes seuls avec notre guide, Helen, un petit bout de femme passionnée par le combat des mineurs pour une vie meilleure (elle vient de créer une entreprise Amigos de Bolivia qui tente de reconvertir les mineurs en guides touristiques et d’encourager les jeunes de la ville à étudier plutôt que d’aller á la mine dès 9 ans comme la plupart le font) et aussi notre chauffeur de taxi, ancien mineur pendant 20 ans. Le tour nous coûte à peine plus cher mais nous permet de le faire dans des conditions meilleures (surtout pour Natacha, un peu claustrophobique et donc rassurée de ne pas être dans un groupe de 15 personnes coincée dans les tunnels de la mine). Nous sommes équipés comme les mineurs (pantalon et vestes pour ne pas nous salir, casque de protection et lampe pour éclairer). Comme tous les touristes, nous devons acheter des feuilles de coca et des boissons pour offrir aux mineurs qui travaillent – tous ceux que l’on croise nous supplient pour ces cadeaux, et n’étant qu’un groupe de deux nous sommes vite à court de présents, au grand dam de notre guide pour qui il est difficile de refuser de donner à boire aux mineurs qu’elle connaît. La plupart des mineurs ne travaillent pas pour leur compte mais pour des propriétaires de terrain à qui revient le gain de la vente du minerai – les mineurs ont un salaire journalier d’environ $10… Ils travaillent souvent en groupe de 3 ou 4, et ont un wagon pour sortir les pierres qu’ils trouvent. En moyenne ils sortiront 10 wagons de 1 tonne par jour par petit groupe. Evidemment les wagons ne sont pas motorisés et ils poussent leur tonne à la force des bras… Les mineurs s’accrochent à eux pour dévaler les descentes : il faut alors se plaquer contre les parois pour les laisser passer. Nous avons également pu nous glisser dans un boyau vraiment étroit (presque en rampant) pour voir le lieu de travail d’un de ces groupes – finalement le confort d’un bureau en open space n’est vraiment pas si mal en comparaison !

The next day we finally can see what Potosi is famous for: its mines. Even though they don’t have the same production as they used to, they are still exploited and more and more young people work there as the price of minerals is going up. Plus, there is no real other way in the city to earn money. The mines are as they were during the last century, without any electricity. We had a private tour (regular tours were too late for us as we had our bus to Uyuni in the afternoon) which means it was just the two of us and the guide (Helen, a strong-minded woman who fought for miners’ rights and created a company called Amigos de Bolivia to encourage miners to study & become tourists guides) as well as our taxi driver, who himself worked in the mines for 20 years. Being a small group, albeit a little bit more expensive (not much) is much better if you get claustrophobic since you’re not stuck in the mine’s tunnels with a group of 15 people…Our equipment is similar to that of the miners with jacket, trousers, helmet & headlamp. We also need to buy coca leaves and drinks to give to the miners as they desperately need it – all the ones we see beg for it and because it’s only 2 of us we don’t have enough for all of them which is quite tough when you see them working so hard.
Most miners work for land owners who get the money from the minerals’ sell and pay them a daily salary of about $10… They usually work in a group of 3-4 people, and have one wagon which they use to bring outside the rocks they find. Needless to say they have to push the wagon (weighing 1 ton) with the strength of their arms only…We also got to crawl through one work area of a small group – actually working in an open space desk is not that bad when you see that!


Cette visite nous a donné l’impression de découvrir un autre monde, complètement différent de tout ce qu’on peut connaître, avec des préoccupations vitales bien plus importantes que les nôtres. Encore une fois, il est impossible de ne pas penser à Germinal et il est facile de comprendre le désespoir de ces hommes et leur côté révolutionnaire.
Après la visite de la mine, l’attraction touristique classique est de faire exploser un bâton de dynamite. C’est encore la méthode utilisée par les mineurs, mais la démonstration pour les touristes se fait à l’extérieur, en zone plus sûre. C’est la guide qui allume la mèche (dont la combustion dure quand même 3 minutes), et qui nous demande ensuite de poser pour une photo avec la mèche allumée (pas vraiment du goût de Natacha) avant de nous écarter de l’endroit de l’explosion. La détonation est violente et résonne dans les montagnes alentours…On se regarde un peu interloqués : c’est un « jeu » pour nous mais à l’intérieur de la mine, faire exploser la roche c’est gagner sa vie avec tous les risques que cela comprend.
Nous quittons ensuite Potosi, où nous avons passé moins de 24h, mais intenses avec la vision de l’enfer, comme le décrit le Lonely Planet – une bonne remise en question par rapport aux gens qui se plaignent en Europe des conditions de travail…Fin 2009, nous avons vu ce que pouvait être le travail de mineur dans les mêmes conditions qu’au 18ème siècle…

This visit really puts you in another world, different from anything else you may know. You easily understand how those guys have to fight for their life & get revolutionary…
After this tough visit, you get the touristy bit: exploding some dynamite. The guide does it for us, and we even get a picture with the dynamite lit (not so great Nat would say) – of course we then get far away for the explosion but even though the sound is quite big and echoes in the mountains.
Finally we leave Potosi. We stayed there less than 24h hours but we visited hell (quote from the Lonely Planet). This is a good reminder about what tough is when thinking about people complaining in Europe…