mardi 19 octobre 2010

Kilimandjaro : grimper sur le toit de l’Afrique

Nous quittons Dar Es Salaam le jeudi 7 octobre et prenons le bus en direction d’Arusha. Nous avons craqué pour l’option « luxe » du bus (qui ne coûte que quelques dollars de plus) et avons la bonne surprise de constater que le bus est effectivement bien meilleur que tous ceux que nous avons pu emprunter jusqu’à maintenant en Afrique. Il n’y a que deux sièges de chaque côté du couloir (dans la plupart des bus africains il y a trois sièges d’un côté du couloir et comme les bus ne sont pas plus larges que les autres, cela veut dire que les sièges sont plus étroits !), les sièges sont confortables avec accoudoir, il y a la climatisation et le service à bord est excellent (boissons, pause déjeuner, etc.). Malheureusement, la route reste la même pour tout le monde et elle est bien accidentée, ce qui rend tout de même le voyage long (près de 12 heures) et douloureux pour nos dos. En chemin, nous apercevons même les sommets enneigés du Mont Kilimandjaro, qui émergent à peine d’une épaisse couche nuageuse. Nous partirons à l’assaut de cette montagne mythique après-demain… Arrivés à Arusha, nous devons de nouveau faire face à la horde de taxis et autres rabatteurs malgré notre fatigue du voyage. Heureusement l’hôtel que nous avons réservé à l’avance est très bien, même si les muezzins des mosquées voisines s’en donnent à cœur joie pour les prières et ce dès 5h du matin. Il ne faudra pas oublier les boules quies cette nuit J Pour le dîner, nous restons proches de l’hôtel car les guides déconseillent de marcher la nuit à Arusha. Nous optons pour Kahn’s Barbecue, un restaurant qui fait des brochettes de mouton ou de bœuf et du poulet au barbecue le soir, et qui se transforme en boutique de pièces détachées automobiles le jour – original !

La journée du 8 octobre est dédiée à la préparation (pratique et mentale) pour l’ascension du mont Kilimandjaro. Nous rencontrons notre guide, Anderson, qui rentre aujourd’hui même d’une ascension qui a duré 7 jours. Nous louons les dernières pièces d’équipement manquantes pour affronter le grand froid et réglons les derniers détails pratiques et notamment les retraits astronomiques dans les banques, car il faut payer en cash et en dollars. Nous sommes entrés en territoire du tourisme de masse.  

Le samedi 9 octobre, nous sommes fin prêts. Malheureusement, le début de l’aventure se solde par un léger contretemps et une incompréhension sur l’heure du départ : un prénommé Paul vient se présenter comme notre guide à 8h30 devant notre hôtel, alors que nous avions rendez-vous avec Anderson à 9h. Méfiants au premier abord dans cette ville où tous les guides nous mettent en garde contre les arnaqueurs de tout poil, nous n’écoutons pas Paul et partons prendre notre petit déjeuner en attendant Anderson. A 9h, Anderson est effectivement là, mais nous explique que finalement ce sera Paul notre guide et pas lui, car il doit partir avec un autre groupe le lendemain matin. Tout cela n’est pas très rassurant au départ d’une telle expédition, surtout quand on a choisi l’option de voyage budget ! En route, le pauvre guide a le droit à un interrogatoire en bonne et due forme pour voir à qui nous avons à faire. Heureusement pour lui (et pour nous), il donne les bonnes réponses, ce qui commence à nous rassurer sur le sérieux du personnage et sur ce qui n’était finalement qu’un problème de communication. Après quelques mois de voyage, c’est le genre de situations auxquelles nous sommes habitués et qui finalement s’arrangent souvent très bien.

Nous arrivons au pied de la route Machame en fin de matinée et nous réglons les formalités administratives pour obtenir nos permis. Nous avons choisi la route Machame parce qu’elle est à la fois moins populaire, un petit peu plus difficile, plus belle et surtout elle permet une meilleure acclimatation. La voie classique est la voie Marangu, encore appelée « Route Coca-Cola », ce qui ne nous tentait guère… Une fois les permis enregistrés et nos comptes bancaires plus légers, c’est parti ! Il est midi. DSC06237Notre équipe compte Paul (le guide), Sokoine (le cuisiner), Saïdi (l’assistant guide et porteur) et quatre autres porteurs (Wilson, Fabiano, Stanley et Antony). Nous commençons par traverser une très belle forêt tropicale, ce qui est assez inattendu au milieu de la savane africaine. Nous sommes déjà à 1800m d’altitude. DSC06238 En chemin, nous discutons un peu plus avec le guide et en particulier voulons nous assurer du fonctionnement de la rétribution des porteurs. Ayant choisi une option budget, nous ne voulons pas non plus participer à l’exploitation des porteurs non payés qui ne gagnent que le pourboire. Paul nous indique que les porteurs sont bel et bien payés par l’agence mais le montant n’est pas très clair… Pendant le reste de la montée, il nous donne des informations sur la montagne et les autres volcans de la région. Il nous parle également de la faune et de la flore et nous apprend quelques mots de Swahili pour survivre.

Nous arrivons au camp (3000m) à 17h et sommes surpris de voir à quel point c’est l’usine. Il y a de nombreuses tentes, y compris des tentes mess très impressionnantes. DSC06250 C’est pour nous l’occasion de retrouver notre petite tente qui servira non seulement de chambre mais aussi de salle à manger (et un peu de salle de bain)! DSC06253 Tout est déjà monté quand nous arrivons, aussi il ne nous reste plus qu’à nous installer pour prendre le thé. Lorsque les nuages s’éclaircissent enfin, nous pouvons apercevoir le sommet du Kilimandjaro au coucher de soleil depuis notre « chambre ». DSC06259 Après notre premier dîner dans la tente, à 20h20, c’est l’extinction des feux. On récupère moins vite en camping, donc il faut faire de plus longues nuits ! Nous ressentons déjà les effets de l’altitude et notre sommeil est entrecoupé de pauses pipi… et ce n’est que le début.

Le lendemain matin, le dimanche 10 octobre, nous nous réveillons à 7h pour partir à 8h après un bon petit déjeuner bien calorique. Bien que nous partions après le gros groupe de 30 personnes (et 80 porteurs !), c’est quand même l’embouteillage sur le chemin. Nous avons rarement vu autant de monde en montagne, et pourtant nous sommes en basse saison. On se demande vraiment ce que ça doit donner sur la voie Marangu en pleine saison… Les paysages changent complètement par rapport à la veille. Finie la forêt tropicale, bonjour la lande alpine ! Il fait plutôt beau ce matin et nous accédons rapidement à un point de vue qui nous permet d’observer d’en haut la forêt que nous avons traversée la veille. DSC06270Panorama foret La pause déjeuner se fait au « Rock Lunch Point » qui, comme son nom l’indique, est l’arrêt obligé pour manger. Nous apprécions mieux les différences de prestation : les porteurs du grand groupe leur ont monté des tentes mess pour se protéger du vent et déjeuner au chaud… alors que pour nous c’est pique-nique assis sur un rocher. La pause est donc bien plus courte pour nous car il fait vite froid à 3500 mètres. La montée devient ensuite un peu plus raide et nous commençons à devoir escalader quelques roches, mais rien de bien méchant encore. Quinze minutes avant que nous n’arrivions au camp, il se met à pleuvoir, juste de quoi mouiller la tente et nous donner l’occasion de sortir les capes de pluie.

Il n’est que 13h lorsque nous sommes dans la tente, aussi entamons-nous une petite sieste sur les sages conseils de notre guide. Vers 16h, nous partons faire une petite ballade d’une heure pour voir les grottes où dormaient les guides avant que cela ne soit interdit. Nous poussons un peu plus loin jusqu’à un beau point de vue sur le sommet et sur le plateau de Shira. Panorama sommet depuis Shira cave Quelques rayons de soleil viennent même nous réchauffer en fin d’après-midi, ce qui est bien agréable. DSC06289 Nous restons sur le même rythme que la veille et après un dîner à 17h45, à 20h nous allons nous coucher. Nous avons plus de mal que la veille à trouver le sommeil, probablement en raison de l’altitude… mais aussi du repos pendant tout l’après-midi !

A 6h30 le lundi 11 octobre, notre guide nous réveille pour profiter d’un lever de soleil sans nuage sur le Kilimandjaro. Panorama lever de soleil Shira camp C’est un spectacle magnifique qui ne nous met pas en retard pour autant et à 8h nous sommes en route pour ce qui est considéré aujourd’hui comme une journée d’acclimatation. En effet, nous montons jusqu’à 4600m avant de redescendre dormir dans un autre camp quasiment à la même altitude que la veille. La montée est moins raide mais au-delà de 4000 mètres, nous commençons à sentir les premiers signes du mal d’altitude : principalement des maux de tête. Il fait aussi plus froid car une bonne partie de la montée se fait dans les nuages, ce qui nous oblige à sortir nos couches supplémentaires. La pause déjeuner se fait à 4600m au pied de Lava Tower en compagnie d’énormes corbeaux de la montagne. Ils ne perdent rien du spectacle de notre déjeuner et encore moins des miettes que nous laissons tomber. Une fois encore, nous ne nous attardons pas à déguster notre pique-nique dans le froid et entamons rapidement la descente vers le camp Barranco. Le chemin est très glissant, ce qui rend la descente assez difficile et demande beaucoup d’énergie et d’attention. Après 1h30min, nous arrivons en bas très fatigués. SAM_1363SAM_1366Le protocole est maintenant bien rôdé et à notre arrivée, un des porteurs nous apporte une bassine d’eau chaude pour faire un brin de toilette ; suivie par un goûter avec des boissons chaudes et des cacahuètes grillées. SAM_1371 Nous avons alors quartier libre et en profitons pour nous reposer jusqu’au dîner. Comme d’habitude après le dîner, notre guide Paul vient prendre le thé dans notre tente pour nous briefer sur le programme du lendemain. Nous lui posons cette fois-ci beaucoup de questions, en particulier sur le surlendemain, c’est-à-dire l’ascension finale. Il nous conseille ainsi de privilégier l’aspirine sur le Diamox en cas de maux de tête et de ne vraiment prendre du Diamox que si la situation continue d’empirer. Au cours de nos pauses naturelles nocturnes, toujours aussi nombreuses en raison de l’altitude à notre plus grand dam, nous observons un ciel étoilé splendide. La nuit est très claire et nous espérons que la nuit suivante le sera tout autant pour l’ascension finale… rien de pire qu’une montée sous la neige !

Au réveil du mardi 12 octobre, le temps est toujours magnifique et le soleil qui se lève nous réchauffe immédiatement. Il fait également fondre en quelques minutes le givre qui s’est déposé dans la nuit sur notre tente. DSC06313 Nous envions ceux qui sont montés jusqu’au sommet cette nuit car ils ont vraiment eu des conditions exceptionnelles. Nous commençons aujourd’hui une demi heure plus tôt que d’habitude afin d’éviter les embouteillages dans la montée du Barranco Wall. C’est en effet un mur très raide qu’il faut monter en sortant les mains des poches pour faire un peu d’escalade. Cela nous fait faire un peu d’exercice et c’est parfait pour nous changer un petit peu de la routine de la marche. SAM_1373 Le temps clair du matin nous offre pour la première fois une vue dégagée sur la savane au pied du Kilimandjaro. Au loin se dessine même la silhouette du Mont Méru, coiffé de quelques cumulus. Les porteurs profitent du beau temps pour se faire prendre en photo devant le sommet du Kili avec le drapeau du parti politique qu’ils soutiennent : Chadema. Nous sommes en effet en période électorale et les élections présidentielles auront lieu le 31 octobre. L’effort de la journée est assez progressif puisque nous oscillons jusqu’à la pause-déjeuner entre 3900m et 4200m. Nous ressentons alors les bénéfices de la journée d’acclimatation de la veille car nous n’avons plus ni maux de tête ni aucun autre symptôme du mal d’altitude. Un vent fort commence à se lever au moment de la pause déjeuner et nous sommes instantanément engloutis dans le nuage. Nous ne nous arrêtons donc qu’un quart d’heure avant de reprendre l’ascension vers le camp de base. Histoire de nous tester avant le départ, la météo se met de la partie et nous montons les deux dernières heures sous un grésil et face au vent. SAM_1380Sur les conseils avisés de notre guide, nous profitons de l’après-midi pour nous reposer car l’étape suivante est un gros morceau. Lorsque le grésil cesse, nous pouvons observer de notre chambre-tente une vue magnifique sur le sommet Mawenzie au coucher du soleil. Panorama Mawenzie Comme d’habitude, Paul vient nous briefer après le dîner sur l’ascension finale. Nous commencerons à minuit et devons donc mettre le réveil à 23h30. Nous vérifions alors une dernière fois notre équipement et commençons la nuit à 18h30. Il va sans dire que nous n’arrivons pas vraiment à dormir et lorsque notre guide secoue la tente à 23h30 pour nous réveiller, nous avons dormi une heure chacun tout au plus. Entre le froid, l’altitude (4550m) et l’angoisse de la dernière montée, il est difficile de trouver le sommeil. Au réveil nous avons le droit à une tasse de thé et quelques biscuits en guise de préparation aux derniers 1300m d’ascension. Heureusement, nous avons rempli nos petits sacs de snacks et autres barres chocolatées !

A minuit vingt, c’est parti. Nous sommes tous les deux très en forme et ultra motivés. Les deux premières heures se passent très bien et nous font penser qu’en fait le Kili, c’est facile !!! Loin d’être partis les premiers (on ne se refait pas…), nous rattrapons et dépassons tous les groupes qui nous précèdent, ce qui a un effet indéniablement positif sur le moral. Pour mémoire, c’était tout le contraire lors de l’ascension du Huayna Potosi (6088m) en Bolivie : tout le monde nous dépassait et nous avions fini les derniers. Moins motivant… Comme nous l’espérions la veille, nous bénéficions d’un temps magnifique et d’une nuit étoilée pour la montée, ce qui nous permet d’observer les lumières de la ville de Moshi au pied du Kilimandjaro. Les « Mambo ? Poa Poa ! » de notre guide (« Comment ça va ? Ca va bien ! » en Swahili) rythment nos pas. Cependant, lorsqu’arrivent 3 heures du matin, nos deux corps se rendent compte que nous avons essayons de les bluffer et passent en mode sommeil. Nos yeux se ferment lorsque nous marchons et nous devons faire un réel effort pour rester éveillés. A 4h du matin, à 5300m et encore 500m de dénivelé avant le sommet, tout plaisir de monter a disparu. SAM_1382 C’est dans ces moments là qu’il faut être fort : les jambes monteront toujours mais tout se joue uniquement au mental. A 5h du matin, nous atteignons Stella Point à 5685m, où toutes les routes qui montent au sommet se rejoignent. Les symptômes du mal d’altitude commencent alors à se manifester chez Fred par des maux de tête. Une fois de plus, le guide nous dissuade de prendre un Diamox et nous continuons donc vers le sommet en espérant que cela n’empire pas.

Lors de la dernière montée, les premières lueurs du jour apparaissent à l’horizon, ce qui a pour effet de recharger nos batteries. SAM_1397 Non seulement l’impact psychologique de voir le soleil se lever et de ne plus devoir marcher dans le noir est indéniable, mais aussi l’apparition devant nos yeux des sommets enneigés et glaciers qui entourent Uhuru Peak nous rappelle pourquoi nous sommes là. Panorama glacier sommet Finalement nous sommes le deuxième groupe parmi tous ceux qui ont pris la route Machame à atteindre le sommet à 6h10. Nous sommes sur le toit de l’Afrique et comme au Huayna Potosi, gravir le sommet nous submerge d’émotion et nous retenons avec peine un sanglot. Mais à 5895m, il fait très froid et nous prenons juste le temps de faire la photo souvenir devant le panneau du sommet avant d’entamer la descente vers le camp. SAM_1408 Nous commençons alors à croiser les autres groupes en route vers le sommet. Même s’ils touchent au but, nous ne les envions pas tant les derniers efforts sont pénibles.

Comme d’habitude, la descente est un des moments les plus difficiles. Une fois l’objectif atteint, la pression retombe et la fatigue de la nuit blanche se fait ressentir dans nos jambes qui n’ont plus beaucoup de force. Nous mettons 2h15min pour rentrer au camp où nous nous écroulons de fatigue une fois nos étirements terminés. Nous n’avons le droit au repos que jusqu’à 11h car il nous reste encore 1500m de descente avant de rejoindre le camp où nous passerons la dernière nuit. Il est difficile de redémarrer mais nous descendons finalement plutôt bien et en 2h20min, nous quittons l’environnement alpin des hautes altitudes pour retrouver la forêt tropicale où se situe notre camp.

La fatigue de la journée se fait sentir de plus en plus une fois que nous nous posons dans la tente. Ce fut une longue journée : 30km et 10h30min de marche ! Nous trouvons tout de même la force de manger un petit quelque chose au dîner, avant d’assister au dernier briefing de Paul sur la journée du lendemain. Il en profite aussi pour nous rappeler à quel moment il serait opportun de donner les pourboires J Une fois que Paul quitte la tente, nous nous écroulons tous les deux, heureux de retrouver nos sacs de couchage après une nuit dehors à marcher en haute montagne…

Après une bonne nuit récupératrice de presque 11 heures, nous nous réveillons le jeudi 14 octobre pour notre dernier jour dans le parc national du Kilimandjaro. Le programme de la journée est moins intense que pour les jours précédents : nous devons simplement rejoindre la porte Mweka, où nous serons délivrés nos certificats prouvant que nous avons atteint le sommet du Kilimandjaro. Du coup, notre équipe est bien détendue et traîne un peu à partir. Ils ont tous le sourire, la raison ? C’est aujourd’hui le jour de distribution des pourboires ! Avant, nous avons le droit à un concert a-capella du groupe avec des chansons « traditionnelles ».

Un peu plus tôt dans la matinée, nous avons déjà entendu ces chansons scandées par les porteurs et guides des autres groupes de grimpeurs. C’est pour tout le monde pareil ce matin ! Nous procédons ensuite à la distribution des enveloppes que nous avons pris soin de nommer pour chaque porteur et pour le guide. Afin de décider le montant du pourboire de chacun, nous avons suivi les recommandations de notre guide de voyage et de l’agence qui organise cette excursion.  Au final, cela représente un peu plus de 10% du montant total de l’expédition, ce qui est loin d’être négligeable ! Pourtant, à peine sommes nous partis pour notre dernière marche, que notre guide nous demande combien nous avons donné aux porteurs et nous dit clairement que ce n’est pas suffisant, qu’il eut fallu donner bien plus en reconnaissance de leur travail – car ils ne sont pas vraiment payés par l’agence. Cette remarque nous déçoit beaucoup et ce pour plusieurs raisons. D’abord, nous trouvons le timing un peu déplacé : si Paul avait voulu nous indiquer un ordre de grandeur sur le pourboire à laisser, il aurait pu nous le dire la veille lorsqu’il est venu nous dire à quel moment donner le pourboire ! Ensuite, nous savons très bien que ce que nous avons donné est dans la moyenne, et même dans la fourchette haute de la moyenne. Enfin, nous avions pris soin de demander à Paul dès le premier jour si les porteurs étaient payés et sa réponse n’avait pas laissé entendre que non et que nous devions donc compenser ce fait par un pourboire plus important. Au final, nous pensons qu’il a simplement tenté sa chance pour augmenter le pourboire de son équipe, ce qui est certes louable, mais exécuté de façon maladroite.

La marche vers la porte Mweka se fait en un peu moins de 2h30 minutes, dans la forêt où nous retrouvons le brouillard et les singes. Une fois arrivés à la porte, nous devons encore faire la queue (toujours ce fameux groupe de 30 personnes qui nous précède) pour nous enregistrer auprès du bureau du parc national et recevoir notre certificat officiel. Nous retrouvons ensuite notre équipe de porteurs et avons la bonne surprise de voir qu’ils nous sourient encore : ils ne doivent pas être si déçus que ça de leur pourboire… DSC06341 Nous rentrons à Arusha vers 13h, tous les deux biens fatigués de ce trek de 6 jours. Cependant, nous n’avons pas le temps de nous reposer car le guide de notre safari qui commence le lendemain est déjà là pour régler les derniers détails. Nous ne savons toujours pas si nous serons seuls pour ce safari, comme nous l’étions pour le Kili, ou si un autre couple nous rejoindra. Ce sera la surprise au départ le lendemain, à l’africaine ! DSC06343Le mont Kilimandjaro est la deuxième haute montagne dont nous gravissons le sommet après le Huayna Potosi en Bolivie, avec à chaque fois l’ascension finale effectuée de nuit. Nous ne pouvons donc nous empêcher de comparer les deux expériences. Le Huayna Potosi restera probablement le moment le plus difficile physiquement de notre voyage. En effet, toute l’ascension de nuit se fait sur le glacier avec crampons et piolets. En revanche, nous n’avons jamais marché dans la neige pour le Kilimandjaro et l’effort physique fourni est bien moindre que celui du Huayna Potosi. La difficulté du Kili réside dans la courte période d’acclimatation et le grand dénivelé final (1300m entre le camp et le sommet vs. 800m pour le Huayna Potosi). Mentalement, le fait d’avoir déjà atteint dans le passé un sommet de plus de 6000m nous a indéniablement aidés pour le Kili. Enfin, une autre grande différence est le monde sur les pentes. Le Kili, c’est quand même un peu l’usine. Un dernier point : pour la beauté des paysages montagneux, rien ne vaut quand même un trek au Népal ou au Tibet !

Et voici quelques statistiques pour les plus enthousiastes:tab

vendredi 8 octobre 2010

Plonger dans les épices de Zanzibar

Toujours pas de grasse matinée pour nous en ce lundi 4 octobre car nos jours de voyage sont comptés et nous mettons les voiles directement vers Zanzibar. Avant de sauter dans un taxi, nous avons juste le temps de réarranger nos sacs et de nous rendre compte que nous avons été victimes de pickpockets à la gare routière la veille – rien de très grave heureusement : le voleur nous a subtilisé notre couteau et une lampe de poche. Nous arrivons au port et retrouvons la même cohue africaine qu’à chaque gare de transport. Tout le monde essaye de nous vendre un billet pour Zanzibar mais heureusement notre chauffeur de taxi (espérant nous compter parmi ses clients à notre retour de Zanzibar) nous emmène jusqu’au guichet « officiel » du ferry qui part une demi-heure plus tard. Nous sentons que nous arrivons vers une destination beaucoup plus touristique que pendant les deux derniers mois car non seulement le ferry est moderne, rapide et respecte toutes les normes de sécurité, mais nous retrouvons aussi de nombreux touristes occidentaux.

Après deux heures de traversée sur une mer splendide, nous débarquons dans la ville de Stone Town (dont les vieilles bâtisses sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco) et ça recommence : porteurs de bagage, taxis, rabatteurs d’hôtels, la clique habituelle ! Nous n’avons que deux jours et demi à passer sur l’île et nous voulons plonger au nord-est de Zanzibar et visiter la vieille ville. Nous partons donc directement vers une agence de plongée recommandée et organisons deux plongées le lendemain matin sur l’atoll de Mnemba. Notre première mission rondement menée, il est grand temps de manger et nous choisissons une petite terrasse à l’ombre des cocotiers, face à la mer. Nous allons nous plaire à Zanzibar… DSC06088DSC06183 Nous passons le reste de l’après-midi à flâner et nous perdre dans les ruelles de la vieille ville, avant de renouer avec nos habitudes asiatiques et de louer un scooter. Nous devons rejoindre le village de Matemwe, à 40km au nord-est de Stone Town, avant le coucher de soleil pour ne pas conduire de nuit. La route traverse de nombreux villages et plantations et nous retrouvons une végétation tropicale qui nous rappelle un peu Bali, les rizières en moins. La plupart des touristes de l’île se déplacent en minibus privé et le passage de deux occidentaux en scooter avec un gros sac à dos fait son effet : les gens au bord de la route nous saluent, les enfants crient à notre passage et les policiers installés à des endroits stratégiques (à l’ombre d’un arbre) profitent de l’occasion pour discuter un petit peu, nous rappeler les règles de sécurité et pourquoi pas recevoir un petit billet (mais la pression n’est pas trop forte).

La fin de la route devient beaucoup plus sportive, notamment quand elle se transforme en piste de sable au bord de la plage. Tous les talents de motard de Fred sont alors sollicités (Natacha décide de descendre du scooter et de marcher, c’est certainement plus sûr !).

Une fois à Matemwe, des habitants du village nous aident à trouver notre hôtel, bien caché sous les cocotiers. Nous avons réservé un petit bungalow dans un hôtel très simple mais qui donne directement sur une plage paradisiaque : cocotiers, sable blanc et barques de pêcheurs. DSC06105 Nous avons malheureusement raté de peu le coucher de soleil mais profitons quand même des dernières lueurs du jour pour une petite promenade sur la plage. Dans la soirée, le restaurant de l’hôtel nous propose de bons poissons grillés au curry, une obligation sur l’île aux épices ! Nous ne faisons pas de vieux os car nous voulons voir le lever de soleil le lendemain matin avant de partir plonger.

Nous nous réveillons donc à 6h15 pour voir le soleil se lever à 6h30 comme nous l’a indiqué notre hôte. Il ne doit pas le voir très souvent se lever car, lorsque nous arrivons sur la plage à 6h30, le soleil est déjà bien haut ! Tant pis, nous profitons de la belle lumière matinale pour une séance photos. Panorama Lever de Soleil Il est alors temps de rejoindre le club de plongée, situé dans un autre hôtel 10 minutes plus loin sur la plage. Un des inconvénients de la côte est de Zanzibar est que la mer se retire très loin à marée basse. Le bateau de plongée ne peut donc pas passer la petite barrière de corail ce matin et nous devons faire 45 minutes en bus sur des pistes en sable pour accéder à la passe où le bateau nous attend. L’équipage a eu la tâche ingrate d’amener le bateau jusqu’à cet endroit en pleine nuit à 3h du matin, lorsque la marée était haute. Il faut alors comparativement très peu de temps pour rejoindre le site de plongée à proprement parler, situé à quelques centaines de mètres de l’îlot de Mnemba. Nous sommes six plongeurs avec notre dive master et la première plongée nous fait dériver le long du corail à une vingtaine de mètres de profondeur. Lors de la mise à l’eau nous apercevons un groupe de dauphins qui prend peur et s’enfuit. Pendant la descente, nous avons également la chance de voir une tortue passer à proximité. Malheureusement le courant est tel qu’il est impossible de la suivre. Les fonds marins sont très colorés et nous observons notamment beaucoup de petits poissons que nous n’avions jamais vus auparavant. Après 45 minutes, il est temps de refaire surface, manger un petit peu, se réchauffer au soleil sur le pont et c’est reparti ! Pour notre deuxième plongée, la visibilité est un peu moins bonne, mais nous voyons plus de gros poissons : un très beau mérou, un gros requin à pointe blanche (assoupi et que nous réveillons…), quelques raies enfouies sous le sable, et enfin une très grosse tortue endormie sous un rocher. Le but avoué de cette plongée est de voir des requins, aussi nous restons assez longtemps à 20 mètres de profondeur dans l’espoir d’en découvrir d’autres. Nous n’en verrons pas plus, mais rester à cette profondeur augmente la consommation d’air de Fred et après 35 minutes, il est temps pour lui de refaire surface tandis que le reste du groupe peut rester 10 minutes supplémentaires. Au final, nous sommes très contents d’avoir plongé dans ce qui est quand même un lieu mythique. Il y a une très grande diversité de poissons, de coraux et de couleurs... mais ça n’arrive pas à la cheville des plongées dans le parc de Komodo !

Nous rentrons à Matemwe et sa plage magnifique nous tend les bras pour y passer l’après-midi au soleil. Nous nous laisserions bien tenter, mais notre hôtel n’a plus de chambre disponible et nous suivons donc notre programme initial, à savoir rejoindre Stone Town en scooter. En chemin, nous nous arrêtons dans une ferme aux épices, l’une des grandes attractions de l’île de Zanzibar. Comme nous pouvons nous déplacer seuls en scooter, cela nous évite de devoir visiter ces fermes dans un tour organisé. Nous nous arrêtons au hasard de la route en voyant les grands signes d’un guide local. Il nous amène dans la plantation pendant une petite heure. Il nous fait sentir les feuilles, les racines et les fruits des arbres cultivés. Nous découvrons ainsi le poivrier, l’arbre de la cannelle (l’écorce donne la cannelle que nous connaissons et les racines servent pour fabriquer le baume du tigre chinois), la cardamone, le gingembre, la vanille, l’avocatier, les racines de curry, les colorants naturels pour les masala... et bien entendu, l’épice reine de Zanzibar : le clou de girofle. Green PepperClous de Girofles FraisVanille A la fin de la visite, notre guide nous fait une démonstration de récolte de cocos et monte à la seule force des bras en haut d’un cocotier à 20 mètres de haut. Une performance impressionnante de force et d’agilité !

Nous sirotons le lait de coco pendant que nous faisons nos emplettes d’épices fraîches. Comme d’habitude nous sommes en retard et il est grand temps de rentrer à Stone Town pour y rendre le scooter.

Une fois arrivés à Stone Town, nous prenons un apéritif sur la plage au coucher du soleil. Le lieu idéal pour un entretien téléphonique d’embauche pour Natacha – affaire à suivre. DSC06160 DSC06167 Nous dînons dans un restaurant végétarien indien dont la carte nous fait saliver en souvenir des délicieux currys végétariens que nous avions goûtés en Inde. Malheureusement il n’y a plus grand-chose en cuisine et nous finissons avec un Thali (assortiment de petits mets indiens), malgré tout excellent et surtout bien trop copieux pour nos estomacs rétrécis.

Nous repartons nous perdre dans les ruelles de Stone Town le mercredi 6 octobre. Nous commençons par un tour au marché de Darajani où s’exposent toutes les productions de Zanzibar dont la fertilité de la terre a fait sa richesse au cours des siècles. DSC06213 Le passage par la halle aux poissons est un peu dur pour des non-initiés mais on y voit de très belles pièces, notamment des thons et des espadons entiers découpés à la machette : de quoi nous mettre en appétit. En fin de matinée, nous visitons la cathédrale anglicane, un lieu chargé en émotions. Jusqu’en 1873, Zanzibar était la plaque tournante du marché aux esclaves en Afrique. Les commerçants arabes y achetaient des esclaves capturés à l’intérieur du continent (Congo, Malawi, Mozambique et Tanganyika, l’ancien nom de la partie continentale de la Tanzanie) avant de les expédier aux quatre coins de l’Océan Indien. La cathédrale ayant été  érigée sur le lieu même de l’ancien marché aux esclaves, il ne reste à visiter de cette époque que deux cellules où étaient entassés les esclaves pendant trois jours sans eau ni nourriture afin de tester leur résistance. DSC06184 L’autel de la cathédrale se situe au-dessus de l’endroit où étaient ensuite fouettés les esclaves, de nouveau pour séparer les plus forts des plus faibles. Il est difficile de rester indifférent devant un lieu où s’est manifestée autant de cruauté. DSC06186Nous passons nos dernières heures sur l’île de Zanzibar à nous promener dans la vieille ville et y admirer les fameuses portes en bois sculpté, où se retrouvent, étroitement mêlées, les influences artistiques arabes et indiennes : de véritables œuvres d’art cachées dans la ville. DSC06214 Il est ensuite temps de reprendre le ferry vers Dar Es Salaam. Nous trouvons cette fois-ci des poufs installés  sur le pont arrière du bateau, ce qui rend le voyage d’autant plus agréable. Une fois à Dar Es Salaam, pas moins de 21 personnes (nous avons compté !) nous proposent de nous emmener à notre hôtel en taxi. Ayant fait le trajet à l’aller, nous savons maintenant qu’il ne nous faut pas plus de 10 minutes à pied. Cela nous permet aussi en chemin d’acheter nos billets de bus vers Arusha pour le lendemain matin. Dans la soirée, nous ne résistons pas et retournons manger un poulet tandoori cuit au barbecue dans un petit restaurant de rue. Décidément, l’influence indienne de Zanzibar a du bon et nous comprenons pourquoi les européens du XVème siècle parcouraient les mers au péril de leur vie pour le commerce des épices.

Deux jours et demi sur Zanzibar sont loin d’être suffisants et nous y serions bien restés une petite semaine. Nous avions beaucoup hésité avant d’y aller car les avis sur cette destination très touristique étaient très partagés. Il faut rajouter à cela le fait que se jouent en ce moment les élections présidentielles en Tanzanie, et que les tensions politiques entre Zanzibar et le reste du pays sont très importantes et ont déjà dégénéré par le passé. Nous avons bien vu quelques meetings électoraux, mais de l’extérieur cela avait l’air plutôt bon enfant. D’un point de vue culturel, il serait dommage de laisser Zanzibar de côté car l’île illustre bien le mélange des influences au cours des siècles : on y retrouve le Moyen Orient, l’Inde et les colons européens, le tout dans un creuset africain. DSC06206 

lundi 4 octobre 2010

Avant-dernier passage de frontière

Pour notre dernier réveil sur les bords du lac Malawi, le samedi 2 Octobre, nous avions prévu de voir le lever du soleil vers 5h15. Après nos deux plongées de la veille nous sommes victimes d’une petite panne de réveil et nous ne nous réveillons qu’à 5h50… Juste le temps de prendre quelques photos avec une belle lumière et nous nous affairons à démonter notre maison. Panorama Big Blue Star sunrise Le programme de la journée est chargé : nous avons pour objectif de dormir en Tanzanie, à Mbeya, ce soir.

Pour ce faire, nous prenons un premier minibus de Nkhata Bay vers Mzuzu et avons la bonne surprise de constater que le minibus part tout de suite. Arrivés à Mzuzu, nous montons dans un autre minibus vers la frontière qui part également quasiment tout de suite. Jusque là, un sans faute !

Le passage de la frontière se fait sans encombre à partir du moment où nous sortons un billet de $50 chacun pour payer le visa. Une fois en Tanzanie, les choses se compliquent car il nous faut marcher, en plein soleil, plus d’un kilomètre pour rejoindre la station de bus. A cela s’ajoute le décalage horaire et il est déjà 17h. Nous devons laisser passer deux bus avant de pouvoir forcer notre chemin vers deux places assises et le trajet vers Mbeya met 3 heures, ce qui nous paraît extrêmement long après une journée dans les transports. Nous retrouvons aussi côté Tanzanien la manie de s’arrêter littéralement tous les 200 mètres pour décharger des passagers et en faire monter de nouveaux.

Nous arrivons finalement à Mbeya à 20h, épuisés, après 11 heures de transport. Nous devons encore trouver un hôtel (pas de camping ici, nous devons prendre un vrai lit), réserver les billets de bus pour Dar Es Salaam le lendemain et avaler quelque chose en guise de déjeuner et de dîner car nous n’avons pas encore mangé quoi que ce soit de la journée. Autant dire que nous tombons de sommeil dans nos lits à 22h !

Le lendemain matin, dimanche 3 octobre, nous nous réveillons encore avant l’aube pour notre bus qui part à 6h du matin. Pour une fois nous avons deux places assises pré-attribuées et le bus part pile à l’heure. Même si l’état général du bus laisse à désirer, c’est un bon départ. La route nous paraît tout de même très longue puisque nous n’arrivons pas avant 19h à Dar Es Salaam, après deux jours pleins dans les transports africains. Les guides conseillent d’éviter d’arriver de nuit dans cette station de bus qui a mauvaise réputation. Nous avons fait notre possible en partant à 6h du matin, mais les 2h30min de retard ont eu raison de nos bonnes intentions et il fait nuit quand nous arrivons à la gare routière. Comme dans toutes les gares de bus depuis la Zambie, à peine sommes nous débarqués que le cirque des rabatteurs/porteurs de bagages/chauffeurs de taxis et autres pickpockets commence. Nous récupérons aussi vite que possible nos sacs de la soute du bus et choisissons un taxi qui a l’air un peu moins malhonnête que les autres. Le programme de la soirée est chargé car nous devons faire avancer par email une discussion avec les agences pour l’ascension du Kilimandjaro. Nous trouvons d’abord un petit hôtel sans prétention dans le centre de Dar Es Salaam. Il semble que c’en est fini du camping en Tanzanie, notre tente est reléguée au placard. A peine avons-nous posé nos bagages que nous repartons déjà vers le café Internet le plus proche. En chemin nous passons devant un petit restaurant indien de rue, dont les odeurs de poulet tandoori au barbecue ont raison de notre estomac qui en a un peu marre de la nourriture africaine sans saveur.

Impressions Malawiennes

La première impression du Malawi est celle d’un pays vraiment sous-développé, avec un rationnement de l’essence et l’incapacité des autorités à acheter plus d’essence car elles n’ont plus de dollars. C’est un pays qui bénéficie de nombreuses aides de la communauté internationale (les 2/3 du PIB proviennent de l’aide internationale) et pourtant, d’après ce que nous avons pu apprendre d’occidentaux qui résident ou travaillent au Malawi,  une grande partie de ces aides part directement dans les poches du pouvoir. Aussi les choses avancent-elles lentement, très lentement. La situation sanitaire n’est pas non plus brillante avec environ 20% de la population infectée par le virus du Sida. Bref, le tableau n’est pas joyeux. Cela saute aux yeux. Et pourtant, la population garde le sourire. Cette nonchalance toute africaine leur permet de conserver leur joie de vivre alors que la situation est alarmante.

Le pays est très étendu du Nord au Sud et très étroit d’Est en Ouest. Nous étions venus principalement pour la plongée dans le lac Malawi sur notre route pour rejoindre la Tanzanie. Aussi n’avons-nous pas pu explorer le Sud du lac ou les parcs à la frontière du Mozambique. Comme nous avons du attendre plusieurs jours avant de plonger, nous avons eu pour une fois du temps et avons eu la chance de rencontrer des occidentaux vivant dans le pays qui nous ont permis d’avoir une vision interne un petit peu plus poussée que d’habitude. Il est intéressant de constater que l’influence anglaise sur cette ancienne colonie est encore très importante. Tous les occidentaux que nous avons croisés et les gérants des hôtels étaient anglais.

Le Malawi fut pour nous l’occasion de continuer notre intégration par l’intermédiaire des transports locaux qui étaient en droite ligne avec ce que nous avions découvert en Zambie : lents, bondés et inconfortables.

En attendant de plonger dans le lac Malawi à Nkhata Bay…

Nous quittons Lilongwe le dimanche 26 septembre en direction de Nkhata Bay, au nord du pays, sur les rives du Lac Malawi. C’est ici que nous passerons quelques jours au bord du lac. Les propriétaires de notre hôtel à Lilongwe ont également une école de plongée à Nkhata Bay et la principale raison pour laquelle nous sommes venus au Malawi est pour plonger dans le lac, censée être la meilleure plongée en eau douce du monde. Pour rejoindre Nkhata Bay, nous devons d’abord prendre un bus vers Mzuzu, la « grosse » ville du nord. Cela nous prend un bon moment et nous n’y arrivons qu’à 17 heures, bien plus tard que prévu. Pour une fois, nous décidons d’être raisonnables et de ne pas pousser plus loin. Nkhata Bay n’est qu’à une heure de plus en minibus, mais cela veut dire que nous y arriverons de nuit et nous ne voulons pas de nouveau devoir monter la tente de nuit. Nous trouvons donc un hôtel à Mzuzu et y plantons notre tente dans le jardin. Nous y trouvons deux bonnes surprises : un chiot de 4 mois prénommé Rocky avec qui nous pouvons bien jouer et un anglais prénommé Andrew qui peut nous déposer à Nkhata Bay le lendemain. Pas besoin de prendre le minibus ! Dans la soirée, nous retrouvons également un italien que nous avions rencontré au parc de South Luangwa en Zambie et qui a un parcours proche du nôtre. Il a un peu plus de temps devant lui cependant et va s’aventurer dans les montagnes Malawiennes. Cela nous aurait tenté d’y randonner un peu, mais nous comptons maintenant les jours qui nous restent et préférons garder plus de temps pour la Tanzanie.

Nous partons donc avec Andrew le lendemain matin, lundi 27 septembre, en direction de Nkhata Bay. Avant de venir au Malawi, Andrew était avocat dans une banque d’affaires à Londres. Il avait vécu en Australie et à Hong-Kong et était ensuite rentré dans la City à Londres. Pendant ce temps il a fondé sa petite famille qui l’a suivi dans ses périples. Un chemin qui pourrait bien ressembler au nôtre plus tard… Et puis un jour il a craqué – la crise de la cinquantaine. Il est parti il y a 9 mois pour une ONG anglaise s’occuper d’un parc national au nord du Malawi. Il a maintenant un style capillaire très contestable, porte les mêmes vêtements pendant des semaines et malheureusement semble très porté sur la bouteille. Il est toujours seul dans son parc, et a maintenant décidé de mettre un terme à cette expérience à la fin de l’année. C’est un homme très gentil et intéressant, qui nous a beaucoup fait réfléchir à ces changements de carrière auxquels nous pensons peut-être. Le sien est clairement un peu trop radical à notre goût !!!

Andrew nous dépose dans un hôtel à Nkhata Bay où nous montons la tente, directement face au lac. La situation est idyllique. Il n’y a pas vraiment de plage à proprement parler, mais plein d’endroits où se relaxer et on peut se baigner dans le lac. DSC06037 Clairement le rythme de vie ici est très lent et les autres clients de l’hôtel ne font pas grand-chose de leurs journées ! De notre côté, nous sommes « bloqués » ici pour trois jours car l’école de plongée n’a pas d’instructeur disponible avant le jeudi. Nous décidons donc d’attendre et de vivre un peu au rythme africain en profitant aussi du temps libre pour rattraper notre retard sur le blog. Après notre premier après-midi farniente au bord du lac, nous partons dîner dans la ville de Nkhata Bay. Encore une fois, il n’y pas grand-chose à y voir. Nous y arrivons vers 18h et la ville grouille de monde, entre le marché et le ferry hebdomadaire qui est censé arriver au port dans la soirée (il n’en repartira en fait que le lendemain matin à 9h…). Nous dînons, sur les bons conseils d’Andrew, dans un restaurant thaïlandais (positionnement unique dans la bourgade) et retrouvons avec plaisir nos green curry et chicken satay.

La journée du mardi 28 septembre est tout aussi calme que la précédente. Nous avions envisagé d’emprunter le canoë de l’hôtel pour partir faire un pique-nique un peu plus loin sur le lac, mais le lac est bien plus agité que la veille et de grosses vagues se sont formées. Nous espérons que cela va se calmer car ce ne sont pas de bonnes conditions pour la plongée. Nous partons en ville en fin de matinée pour y déjeuner et optons pour un restaurant local, où nous mangeons comme d’habitude du riz, du nsima et du poulet. Vraiment, nous ne sommes pas convaincus par la nourriture locale… Natacha aimerait profiter du temps libre pour se faire faire des tresses, mais on lui conseille d’attendre après la plongée pour ne pas les abîmer en mettant la tête sous l’eau. Nous rentrons donc à l’hôtel pour profiter d’une après-midi relaxation au bord du lac. Panorama Big Blue StarLe lendemain, mercredi 29 septembre, nous avons du mal à affronter une nouvelle journée de « rien », contrairement d’ailleurs à nos compagnons de l’hôtel qui passent tristement leurs journées à boire des bières devant la télé. Nous retournons donc déjeuner en ville, cette fois avec Andrew et dans un restaurant un peu mieux que celui de la veille. Ensuite nous empruntons un kayak biplace du club de plongée ainsi que de l’équipement de snorkelling et partons nous promener sur le lac. Il y a encore pas mal de vent et quelques vagues se sont formées, ce qui rend la sortie en kayak un peu plus sportive. SAM_1301 Nous réussissons néanmoins à poser le kayak dans un endroit un peu plus calme et sautons à l’eau avec masque et tuba. La visibilité est médiocre mais nous trouvons pas mal de petits poissons sous l’eau. Espérons que la visibilité soit meilleure pour notre plongée du lendemain ! Dans la soirée nous avons commandé au chef de notre hôtel un butterfish grillé. C’est un des deux poissons principaux du lac, avec le chombo. Il nous est finalement servi cuit à la poêle mais c’est quand même très bon. Nous regardons ensuite un documentaire intitulé Le Cauchemar de Darwin, que nous pensons d’abord traiter de l’introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria en Tanzanie et l’impact que cela a eu sur l’écosystème du lac. C’est en fait un documentaire qui traite des maux de l’Afrique en utilisant la perche du Nil comme catalyseur. Ainsi, nous suivons la vie qui évolue le long du lac Victoria, à Mwanza en Tanzanie, et comprenons petit à petit comment toutes les perches du Nil pêchées partent en fait vers l’Europe dans des avions cargo russes ou ukraiiens. De ces mêmes avions arrivent depuis l’Europe des armes qui servent à alimenter les conflits africains récents (Angola, RDC ex-Zaïre, Rwanda, etc.). Les pilotes qui passent  quelques jours à Mwanza alimentent le réseau de prostitution local. La plupart des prostituées, poussées jusque là par la mort de leur mari et la découverte de leur séropositivité, contaminent ainsi les pilotes avec le Sida.  Et en parallèle, une famine s’annonce en Tanzanie car les locaux n’ont le droit qu’aux carcasses de poissons et pas à la chair, réservée aux supermarchés européens. Le style de réalisation du documentaire est volontairement « caméra à l’épaule » et cela le rend un peu longuet, mais dans l’ensemble il dépeint une vision de l’Afrique assez tragique et malheureusement certainement très réaliste. Ce n’est certes pas très joyeux, mais il est aussi nécessaire dans le voyage de comprendre certaines choses des pays que l’on traverse et ne pas retenir uniquement le côté parc naturel du continent quand celui-ci est rongé par le Sida, la corruption et les conflits armés.

Nous nous réveillons le jeudi 30 septembre prêts à plonger après ces trois jours d’attente. Nous savons que la divemaster ne rentre finalement qu’aujourd’hui de vacances et non hier comme prévu, mais espérons quand même qu’elle trouvera du temps pour nous emmener découvrir le lac. Nous partons une nouvelle fois déjeuner en ville avec Andrew, et retournons cette fois-ci au restaurant KayaPapaya dans lequel nous avions dîné le premier soir. Nous passons ensuite au club de plongée et avons la mauvaise surprise d’apprendre que la divemaster vient seulement de rentrer au club à l’instant. Elle est évidemment fatiguée du voyage car elle vient directement d’Angleterre, et nous comprenons bien vite qu’elle ne nous fera pas plonger aujourd’hui. Nous sommes très déçus, et aussi un peu embêtés car elle n’est même pas certaine de pouvoir nous y emmener le lendemain du fait de réservations antérieures. Attendre samedi pour plonger remettrait en cause notre itinéraire tanzanien car nous commençons maintenant à devoir sérieusement compter les jours qui nous restent. Heureusement, elle nous confirme dans la soirée que nous pourrons faire deux plongées la journée suivante, une de jour et une de nuit. Ouf ! Cela ne décalera donc que d’un jour notre itinéraire. DSC06057Le grand jour arrive donc vendredi 1er octobre. Après cinq jours de rien, ce qui ne nous ressemble guère, nous allons enfin être un peu actifs. Nous retrouvons Kate, notre divemaster, en début d’après-midi pour un briefing sur le lac et les conditions de la plongée. Les deux particularités sont que nous sommes en altitude (470m) et que nous plongeons en eau douce. Les deux éléments sont de grandes premières pour nous. C’est bien, nous essayons de nouvelles choses ! Finalement, cela a peu d’impact sur la plongée en elle-même, si ce n’est un changement de flottaison et le temps minimum en surface à respecter entre deux plongées mais nous n’entrerons pas dans les détails techniques. Nous partons donc pour la première plongée de jour avec le petit bateau du club de plongée. Nous naviguons pendant à peine trois minutes et arrivons ensuite quasiment au même endroit que là où nous avions fait du snorkelling deux jours auparavant. Nous plongeons à quatre, avec Kate et son mari. Une fois sous l’eau, nous sommes un peu inquiets car de nombreuses micro-algues flottent sur une couche de deux mètres sous la surface réduisant ainsi la visibilité. Heureusement, une fois dépassés les 5 mètres de profondeur, la visibilité s’améliore un petit peu (sans toutefois devenir parfaite, loin de là). Kate nous a expliqué pendant le briefing que les poissons que nous pouvons observer dans le lac sont des Cychlides, des poissons qui intéressent beaucoup les scientifiques grâce à leurs facultés d’adaptation. Ils illustrent à merveille les théories de Darwin ! Nous observons ainsi deux comportements très intéressants : d’abord les Mouthbreeders, ces poissons femelles qui transportent leurs petits dans leur bouche. Nous avons pu voir trois ou quatre de ces poissons, à chaque fois entourés d’une trentaine de leurs minuscules bébés. Lorsque la femelle sent un danger approcher, elle prévient ses petits qui se regroupent et elle les absorbe alors en plusieurs bouchées. Après la première fournée, elle prend le temps de bien « ranger » ses petits dans sa bouche puis revient pour ceux qui n’ont pas réussi à embarquer du premier coup. Assez fascinant ! L’autre comportement que nous avons observé concerne des poissons qui mangent en nageant à l’envers. On les trouve  sous les roches, là où aucun autre poisson ne venait manger. Ils ont donc commencé à nager la tête en bas, ce qui leur permet de pouvoir attraper les petites algues sur la roche. Malin ! Nous remontons après 45 minutes, ravis de cette première plongée, si différente de celles que nous avons pu faire auparavant.

Pour la seconde plongée, de nuit, nous avons droit à un briefing par Sir David Attenborough lui-même. Pour ceux qui ne connaissent pas cet homme que nous vénérons, il est la voix de tous les documentaires animaliers de la BBC. Un peu comme un Nicolas Hulot anglais, en plus vieux et moins fou. Lorsque la BBC a réalise un reportage sur les lacs d’eau douce, une équipe est venue passer trois mois à Nkhata Bay pour filmer le monde sous-marin du lac Malawi. Tout cela dans le même club de plongée que celui où nous sommes en ce moment ! Nous sommes donc d’autant plus excités par cette plongée de nuit, surtout que c’est seulement la deuxième que nous faisons après celle que nous avions faite pour notre diplôme PADI en Egypte. Nous nous mettons donc à l’eau avec tout notre matériel et nos torches et partons sur le même site que pour la première plongée, même si évidemment de nuit nous n’en reconnaîtrons aucun endroit. Nous observons très vite et en masse des poissons dauphins (dolphin fish) qui chassent la nuit. Ce sont des poissons assez gros (1 mètre environ), tout gris et avec un long nez pour pouvoir manger les petits poissons cachés sous les roches. Ils se déplacent en groupe et ne semblent vraiment pas impressionnés par notre présence : ils sont partout et très proches de nous. Heureusement qu’ils sont inoffensifs ! Nous apercevons également trois espèces de poisson chat (le « normal », très gros – jusque 3 mètres - et tout gris ; l’ « Africain », plus petit et tout noir et enfin le « Squeaker », beaucoup plus petit et marron). Kate nous montre aussi une crevette rose du lac. En fin de plongée, nous nous amusons à éteindre nos torches pour voir à quel point…on ne voit rien ! C’est une sensation unique, assez magique. On s’imagine au fond d’un abysse alors que nous ne sommes qua quelques mètres de profondeur.

Nous aurons donc finalement eu nos deux plongées et en sommes ravis. Cela valait sans aucun doute la peine d’attendre. Les fonds du lac Malawi nous ont offert des plongées complètement différentes de celles en pleine mer. Le lac mérite donc amplement sa réputation.

Nous passons notre dernière soirée à Nkhata Bay, que nous ne sommes pas mécontents de quitter finalement. La plongée aura été fantastique, mais nous nous sommes sentis un peu bloqués ici pendant trop longtemps, sans rien à faire. La bonne nouvelle est que nous aurons eu le temps de mettre à jour le blog ( !), mais si nous avions su que nous attendrions si longtemps nous aurions probablement exploré une autre partie du pays en attendant… Il est maintenant temps de nous attaquer à la dernière étape du voyage : la Tanzanie.

vendredi 1 octobre 2010

Lilongwe, une autre capitale africaine

Nous arrivons malheureusement de nuit à Lilongwe et en plus il y a une coupure générale d’électricité dans le quartier où se trouve notre hôtel. Nous devons donc monter la tente dans le noir intégral, avec pour seule lumière celle de notre lampe frontale. Mais nous devenons chaque jour un peu meilleurs et remplissons cette tâche en un temps record. Nous partons ensuite dîner dans un restaurant local à proximité car l’hôtel ne sert plus de nourriture. Nous rencontrons alors un jeune malawien qui vient d’ouvrir ce petit restaurant dans le jardin de son père. Nous sommes évidemment les seuls clients et la commande met une bonne heure à arriver pour une qualité médiocre, mais au final l’accueil était très gentil et nous avons quand même eu à manger… On profite au moins du temps d’attente pour pouvoir discuter avec le jeune propriétaire qui est allé étudier le business dans la ville du Cap et a donc un peu voyagé. Vient ensuite son père qui est directeur des ressources humaines au ministère de l’énergie. Nous pouvons alors rentrer dans une discussion sur les problèmes de production et d’approvisionnement en énergie du pays. Celui ne possède en tout et pour tout qu’une centrale hydroélectrique construite par les chinois dans les années 1960. Le pays est certes peu développé, mais cela ne suffit bien entendu plus. Les pistes explorées sont l’éolien, la géothermie (le Malawi est situé sur le Rift Africain) et évidemment d’autres centrales hydroélectriques. Nous apprenons aussi que le Malawi n’a pas de raffinerie pétrolière et importe donc son essence et diesel qu’il doit payer en US dollars à la Tanzanie notamment. Mais le pays est aujourd’hui à cours de réserves monétaires et, avec pour seule ressource naturelle du tabac et de l’uranium vendu à la Chine, le flot de US dollars ne permet plus à l’état de remplir toutes les pompes. Il y a donc en ce moment dans le pays un rationnement drastique de l’essence et du diesel.

Le lendemain, samedi 25 septembre, nous passons la journée dans Lilongwe. Natacha est de nouveau un peu malade (cela doit être l’effet des capitales africaines...) et nous allons simplement nous promener dans le centre ville dans la matinée. Il n’y a pas grand-chose à voir, hormis les gens qui font la queue au distributeur pour retirer de l’argent (c’est la fin du mois et tout le monde a donc été payé) et les voitures qui font la queue aux stations essences pour faire le plein (à cause du problème d’approvisionnement en essence et diesel). Après avoir fait le plein de courses et mangé dans un fast food local, nous rentrons à l’hôtel pour profiter de la piscine et de la connexion Internet.

Impressions zambiennes

La Zambie est un pays très étendu, et nous avons mis du temps à y établir notre itinéraire. Il y a finalement peu d’endroits touristiques et lorsque nous avons demandé des conseils aux voyageurs que nous avons rencontrés, seules les chutes de Victoria étaient mentionnées. Finalement, nous y aurons passé 10 jours et n’aurons visité que les chutes de Victoria et le parc de South Luangwa : deux belles étapes du voyage néanmoins ! Le reste du temps fut dédié au transport mais aussi au repos. En effet, la Zambie est probablement le pays où nous avons appris à vivre au rythme africain, prenant notre temps en restant 3 jours à Livingstone, 2 jours à Lusaka et 2 jours à South Luangwa, alors qu’en temps normal nous aurions été beaucoup plus vite.

C’est aussi le pays où nous avons découvert le transport à l’africaine. Après 11 mois de voyage en bus, on pourrait penser qu’on avait tout vu, mais non ! Ici, les minibus embarquent une vingtaine de passagers quand nous en mettrions 9 au grand maximum. Et tant que le bus n’est pas plein, on ne part pas. Il faut donc attendre des heures et des heures. Nous avons trouvé l’attente bien longue, mais c’est le lot quotidien des locaux, car il n’y a pas de bus qui parte à horaires fixes… Et une fois partis, il faut compter un bon 25km/h de moyenne car le bus s’arrête toutes les 10 minutes pour décharger des passagers et en charger des nouveaux… ou simplement pour dire bonjour au copain du chauffeur qui se trouve sur le bord de la route ! Pour une journée de minibus il faut donc compter une journée de repos. Le rythme africain s’explique petit à petit à nous…

Les Zambiens sont réputés pour être très gentils, et c’est vrai. Ils en sont d’ailleurs très fiers !

La Zambie est un pays encore très pauvre et peu développé. Les colons britanniques ont concentré leurs efforts de développement sur son voisin le Zimbabwe et ont un peu délaissé la Zambie. Il y a apparemment de très gros problèmes de corruption dans les hautes sphères politiques, et ce depuis l’indépendance. Le nouveau président s’appelle Rupiah, cela veut dire « argent », ce qui fait beaucoup rire les zambiens étant donné sa réputation de corruption…

D’un point de vue nature, le pays est encore très préservé. Nous y avons fait beaucoup de route et avons traversé des kilomètres et des kilomètres de savane immaculée. Certes, et comme partout, il y a des problèmes de braconnage et de feus de savane, mais à l’échelle du pays, c’est probablement encore raisonnable.

South Luangwa : le paradis au bout du monde ?

En se réveillant le lundi 20 septembre, Natacha se sent mieux que les jours précédents et nous décidons donc de quitter Lusaka pour rejoindre Chipata, à 8 heures de bus à l’Ouest, juste avant la frontière avec le Malawi. N’ayant pas prévu de partir ce jour là, nous démarrons un peu plus tard qu’il ne faudrait et n’arrivons à la gare de bus qu’à 11h du matin. Nous pensons avoir de la chance car nous montons dans un bus déjà quasiment plein (les bus africains ne partent que lorsqu’ils sont complets, peu importe l’horaire…). Cependant, pour une raison qui nous échappe, le bus ne partira que deux bonnes heures plus tard. Nous pensons alors que nous arriverons à Chipata sur les coups de 21h, ce que nous confirme notre voisine, une femme qui travaille à Lusaka et rentre dans sa famille à Chipata. Malheureusement, le trajet prend bien plus de temps que prévu, notamment du fait des nombreux arrêts en route pour déposer des gens et en faire monter d’autres, et nous n’arrivons qu’à 23h30. Nous devons alors encore nous débrouiller pour trouver un taxi pour rejoindre l’hôtel qui n’est pas dans le « centre ville ». Heureusement, les habitants de la ville semblent avoir l’habitude que les bus arrivent à des heures tardives et de nombreux taxis se battent pour nous emmener. Nous arrivons finalement à l’hôtel à minuit et, épuisés par cette longue journée de voyage, nous renonçons pour la première fois depuis trois semaines à monter la tente. Nous optons donc pour une chambre avec un vrai lit. Après tout, c’est peut-être une bonne idée d’offrir un peu de répit à nos dos…

Après une nuit réparatrice sur un vrai matelas, nous nous réveillons le mardi 21 septembre avec pour objectif de rejoindre le parc de South Luangwa, censé être à environ trois heures de route de Chipata. Nous savons que des minibus s’y rendent, mais c’est le même cirque que la veille, c’est-à-dire qu’il faut que le minibus soit plein à craquer avant qu’il ne parte. Nous profitons du petit déjeuner pour nous renseigner auprès des autres voyageurs de notre hôtel et sommes un peu dépités en apprenant qu’ils ont la chance d’avoir rencontré quelqu’un qui travaille au parc et peut les y emmener – si nous étions arrivés un peu plus tôt la veille, peut-être aurions nous pu nous aussi profiter de cette aubaine ! Mais il n’en est rien et une fois encore nous sommes bons pour patienter 2h30 avant que le minibus –au bord de l’explosion- ne se mette enfin en route. Il nous faudra environ 4h30 pour effectuer les 130km qui séparent South Luangwa de Chipata … La majeure partie de la route est en fait une piste ce qui rend le trajet particulièrement douloureux. Entre le trajet depuis Lusaka et celui-ci, on peut dire que nous expérimentons pleinement les transports locaux. Frustrants, lents et inconfortables, ils ont néanmoins le mérite de nous permettre de rencontrer la population locale. En effet, les heures d’attentes avant le départ sont propices aux discussions avec le chauffeur, l’assistant en charge de monter les bagages sur le toit, les autres voyageurs, les rabatteurs en charge de mettre le plus de monde possible dans le bus, un mécanicien de la gare de bus…ou n’importe qui d’autre qui passe par là et qui commence à engager une discussion sur notre destination, ce que nous faisons là, sur la Zambie, la France, le foot bref un peu tout et n’importe quoi pour passer le temps.

Nous arrivons à South Luangwa vers 18h ce qui nous laisse pour une fois le luxe de planter notre tente à la lumière du jour. DSC06034 Nous retrouvons dans ce camp, Joe, un américain que nous avions rencontré à Windhoek et il nous raconte les 3 jours passés ici. Il quitte le parc dans la nuit en minibus direction Chipata. Nous espérons que nous pourrons trouver un autre moyen de rentrer pour éviter de faire ce trajet de nuit nous aussi. Le camp est situé juste au bord de la rivière Luangwa et à peine sommes nous installés que nous entendons les hippopotames se battre dans l’eau en contrebas. Quelques minutes plus tard, un petit vent de panique traverse le camp quand un éléphant vient voler le diner que se préparaient nos voisins de tente : nous voilà directement dans l’ambiance ! Chacun dans le camping y va alors de sa petite histoire sur les animaux sauvages qui traversent le camp pendant la nuit. Les visiteurs quotidiens sont les éléphants et les hippopotames. Plus rarement les hyènes et une fois de temps en temps un léopard ou un lion. Le personnel nous explique qu’il ne faut absolument rien garder comme nourriture dans notre tente sous peine d’avoir la visite des éléphants durant la nuit. Nous prenons donc bien soin de ranger toutes nos victuailles dans le garde-manger et profitons ensuite du restaurant du camp pour le dîner. Il est alors grand temps de rejoindre notre tente pour la nuit. Fred a la bonne idée d’emprunter des matelas de chaise longue que nous mettons au-dessus de nos tapis de sol, ce qui rend le couchage bien plus agréable pour nos petits dos ! Avant même de nous coucher, nous découvrons qu’un éléphant est dans le camp, à naviguer entre les tentes et les voitures et à faire les poubelles très bruyamment. Nous le signalons au gardien de nuit, qui sort de sa poche ce que nous pensons être des balles de fusil à pompe. Nous pensons alors qu’il y va un peu fort, car l’éléphant ne s’est pas encore montré agressif. Nous découvrons finalement que le gardien n’est armé que d’un lance-pierres, ce que nous trouvons alors un peu dérisoire quand l’éléphant se met à gonfler ses oreilles en signe d’énervement à notre présence (et au fait que le gardien essaye de le chasser en lui lançant des pierres). Cela dit, la méthode du lance-pierre fait ses preuves et l’éléphant rebrousse chemin. Nous partons alors nous réfugier dans la tente pour y passer notre première nuit ici. Nous sommes peu rassurés avec toutes ces histoires et les hippopotames commencent à faire beaucoup de bruit (un peu comme un très gros cheval qui hennit). Ils sont cependant battus à plate couture par notre voisin de camping qui nous fait une très belle démonstration de ronflement. Il parvient même à faire craquer Natacha qui finit par mettre ses boules-quies alors qu’elle souhaitait profiter des bruits de la jungle pendant la nuit. Il faudra probablement changer la tente d’emplacement pour la nuit prochaine… Fred, qui a résisté et n’a pas mis ses boules-quies, entend un lion rugir dans la nuit, mais rien de plus. Ce fut donc une nuit bien calme au royaume de South Luangwa… Panorama Croc Valley Nous nous réveillons le lendemain matin, mercredi 22 septembre, et avons le plaisir de sortir de la tente directement face à la rivière Luangwa, avec comme décor les hippopotames qui se remettent de leur nuit bruyante et agitée en se prélassant dans l’eau et les oies et ibis qui pêchent pour leur petit-déjeuner. Magnifique ! Sur le chemin de la cuisine, nous apercevons le premier serpent de notre voyage. C’est un olive grass snake et on nous explique qu’il chasse les petites grenouilles. Apparemment, il y a également beaucoup de cobras et de mambas noirs dans les environs… Mais nous n’aurons pas la chance de les rencontrer.

Après un bon petit déjeuner nous aussi, nous partons « en ville », à Mfuwe, à 2km environ du camp (nous n’avons pas le droit de marcher car il y a trop d’animaux sauvages sur la route et devons donc profiter du transfert en ville organisé pour d’autres clients). Le tour du village est vite fait, nous longeons LA rue et ses échoppes et disons bonjour aux enfants qui passent. Natacha se renseigne auprès d’un salon de coiffure local sur la possibilité de faire des tresses avec ses cheveux « européens » et la bonne nouvelle est que cela semble tout à fait possible à faire…et à défaire sans devoir se raser le crâne. Malheureusement, nous n’avons pas le temps de le faire maintenant mais c’est une idée à garder en tête ! Après avoir fait quelques courses, nous retournons au camp pour déjeuner et nous prélasser ensuite au bord de la piscine.

En fin d’après-midi, nous participons à un safari de nuit organisé par le camping. Nous partons à 16h, lorsque la chaleur de la journée retombe un peu et que la lumière devient plus douce. Nous entrons dans le parc et trouvons très vite des zèbres, des impalas, des buffles, des aigles pêcheurs mais notre guide est très clair : il ne sert pas à grand-chose de s’attarder sur ces animaux car nous cherchons un animal en particulier - le lion. DSC05828DSC05868

Le matin même un groupe de lionnes avaient tué un jeune buffle près de la rivière et notre guide en fin connaisseur de ces fauves imagine qu’elles ne doivent pas avoir bougé beaucoup après leur festin…Gagné ! Au bord de la rivière se trouvent trois lionnes qui dorment au soleil. Une quatrième lionne un peu plus jeune les rejoint pendant que nous les observons et elle essaie de jouer avec ses aînées. DSC05847 Mais la fatigue d’après chasse rend les lionnes plus âgées peu patientes et l’une d’entre elles rugit même sur la plus jeune. C’est l’éducation qui rentre ! Au bout de quelques minutes, nous continuons notre route, ravis d’avoir enfin vu des lions sauvages. Une centaine de mètres plus loin, nous découvrons une carcasse de buffle, toujours intacte. Les lionnes n’ont plus très faim et conservent leur proie pour un peu plus tard… sans s’en écarter trop quand même pour ne pas se la faire piquer par les hyènes ou les vautours.

Le guide nous emmène ensuite dans un endroit paradisiaque pour admirer le soleil se coucher. Panorama Nous avons même le droit de descendre de la voiture et nous sommes juste au bord de la rivière, devant un groupe d’hippopotames qui baillent les uns après les autres, nous offrant ainsi de formidables opportunités de photos.DSC05890DSC05896 Commence ensuite le safari de nuit à proprement parler. « L’assistant guide » entre alors en jeu et il sort son énorme torche qui va éclairer la faune dans la nuit. Notre mission est simple : trouver un léopard. La veille, la même équipe a réussi à en dénicher trois. Les attentes sont donc élevées pour ce soir ! Nous parcourons ainsi la savane de nuit, avec pour simple repère le faisceau lumineux de la torche. C’est une nuit de pleine lune et nous pouvons donc observer pas mal de choses à l’œil nu, mais la manière la plus simple de repérer les animaux reste de voir leurs yeux briller au passage du faisceau lumineux de la torche. Le silence se fait dans la voiture et nous attendons tous de voir un léopard. Malheureusement, malgré les efforts de notre guide et de son assistant, nous n’arrivons qu’à dégoter une civette… C’est mieux que rien, mais ce n’est pas un léopard. Nous retrouvons tout de même notre groupe de lionnes, un tant soit peu ennuyées par la lumière de la torche sur elles. Un mâle les a également rejointes, peut-être pour profiter de leur chasse de la nuit précédente ? DSC05930 Nous rentrons au camp sur les coups de 20h, à la fois enchantés de notre première observation de lions et déçus de n’avoir pas réussi à voir des léopards dans ce qui est censé être un des meilleurs parcs d’Afrique pour leur observation.

Se pose ensuite un dilemme : que faisons-nous le lendemain ? Nous sommes venus au parc de South Luangwa pour le safari de nuit, mais aussi pour y faire un safari à pied. Malheureusement, pour organiser un safari à pied nous devons être au minimum trois personnes (ou alors payer pour trois personnes), et organiser une escorte armée en plus du guide en cas de rencontre nez à nez avec un groupe de lionnes ou d’éléphants. N’ayant pas vu de léopard ce soir, nous avons également envie de refaire un safari de nuit le lendemain. Nous décidons donc de prolonger notre séjour, malgré la gentille proposition de nos voisins de camping sud-africains de nous ramener en voiture à Chipata. Cela nous éviterait une énorme galère car le minibus que nous avons pris à l’aller ne circule qu’en pleine nuit au retour, ce qui ne nous tente guère. Mais la priorité reste quand même de profiter au maximum du parc, et nous trouverons bien une autre solution pour rentrer à Chipata.

Dans la nuit, nous réussissons cette fois-ci tous les deux à dormir sans boules-quies grâce à notre voisin qui met une sourdine à ses ronflements, et profitons ainsi amplement des bruits de l’hippopotame qui vient manger juste devant notre tente. Nous l’entendons bien arracher l’herbe et la ruminer, le tout sans jamais s’approcher trop près de la tente ou la toucher, à notre grand soulagement. Nous voyons les traces de son passage le lendemain à notre réveil : il n’était vraiment pas loin de notre tente !

Le lendemain, jeudi 23 septembre, nous essayons une dernière fois d’organiser notre safari à pied, d’abord avec notre camp sans succès, puis avec le lodge voisin. Pour nous y rendre, nous devons faire face à un troupeau d’éléphants (le même qui rend visite régulièrement à notre camp) et sommes très prudents car ils ont avec eux un bébé, ce qui peut les rendre très agressifs. Nous réussissons à nous frayer un chemin, mais apprenons que l’autre lodge ne peut pas non plus nous proposer de safari à pied sans trouver une troisième personne. Nous nous résignons alors à abandonner l’idée de safari à pied, espérant qu’il sera possible de le faire également dans d’autres parcs au Malawi ou en Tanzanie. A la place, nous nous engageons pour un deuxième safari de nuit, avec l’espoir avoué de voir un léopard !

Pour le déjeuner, nous nous aventurons « en ville » dans un petit restaurant, histoire de goûter la cuisine locale. Nous avons le droit à du poulet, accompagné de nsima, LE plat africain par excellence (une sorte de porridge de maïs) et de légumes. Franchement, nous ne sommes pas convaincus…

Nous rentrons ensuite au camp pour notre safari de nuit et avons la bonne surprise de constater que nous sommes seuls cette fois-ci. Enfin un peu d’exclusivité J Nous partons sur une route complètement différente de la veille. Le guide n’est pas le même, mais l’assistant est le même que celui de la veille et il nous reconnaît et sait bien que nous voulons absolument voir des léopards. Ce sera donc sa mission principale ce soir ! En plus des mêmes animaux que la veille, nous avons la chance de voir une très belle girafe. Elles sont différentes de celles que nous avons pu voir à Etosha ou dans le delta de l’Okavango (ce sont des girafes Thornicroft pour les connaisseurs). DSC05956 PukuDSC06003Pour la pause au coucher du soleil, nous nous arrêtons cette fois-ci devant un rassemblement de guêpiers (carmine beeeaters), un oiseau mythique et très rare, ce qui rend Fred tout excité. Ils sont très nombreux et volent dans tous les sens, rejoignant leur nid pour se reposer. De temps à autre, un hippopotame sort la tête de l’eau et les fait s’envoler… Un autre lieu idyllique. DSC05975 DSC05972Une fois le soleil couché, nous reprenons la route à la recherche du léopard. Pendant un très long moment, nous ne trouvons absolument rien. Nous prenons une route particulière et ne croisons aucun autre véhicule, ce qui rend le safari plus agréable, mais augmente aussi notre impression d’être seuls au milieu de la savane. Et puis finalement, une demi-heure à peine avant la fin du safari, au détour d’un virage, le faisceau lumineux de la torche nous révèle un léopard. Nous ne pouvons retenir un « oohh » d’émerveillement devant cet animal majestueux. Une fois que nous avons repris nos esprits, nous réalisons même qu’ils sont en fait deux, une mère et son grand petit. DSC06014 Nous interrompons probablement une leçon de chasse. Les léopards ne semblent ni surpris ni vraiment dérangés par notre présence et dépassent la voiture calmement. Nous essayons alors de les suivre, et parvenons à les retrouver une première fois, mais ils s’enfoncent ensuite dans la savane, la où les humains ne sont pas les bienvenus. A proximité, un troupeau d’impalas se repose pour la nuit et nous pensons peut-être assister à la chasse des léopards mais notre guide nous dit que c’est peu probable car, les soirs de pleine lune, il est particulièrement difficile pour les léopards de passer inaperçus et ils chassent moins. Tant pis, nous sommes déjà comblés d’avoir vus ces deux léopards de si près. Nous avons bien fait de rester une journée de plus dans le parc de South Luangwa !

Pendant la nuit, nous recevons de nouveau la visite de l’hippopotame, même si Natacha commence à s’habituer à ses nouveaux voisins de palier et ne se réveille même pas. Cette fois l’hippopotame touche la tente au niveau de nos têtes et Fred l’entend donc très très bien !

Le lendemain matin, vendredi 24 septembre, nous nous décidons à quitter le paradis de South Luangwa pour rejoindre le Malawi. Ce n’est pas très loin sur la carte, mais nous ne sommes absolument pas sûrs d’y arriver tant les transports sont difficiles. Comme nous ne voulons pas utiliser le minibus de nuit pour rejoindre Chipata, nous sommes dépendants de l’autostop pour rejoindre la ville. Personne dans le camp où nous sommes ne prend cette route aujourd’hui et nous devons donc nous rendre en ville pour trouver un moyen de transport. La veille, au détour d’une conversation à la station service de la ville, nous avions convenu avec un prénommé Jackson qu’il vienne nous chercher à 7h30 au camp pour nous emmener à Chipata. C’était trop beau pour être vrai et évidemment nous n’avons jamais revu Jackson (les raisons pour lesquelles il nous a dit qu’il viendrait nous échappent cependant aujourd’hui dans la mesure où nous ne lui avions évidemment pas donné d’acompte…). Nous nous positionnons alors à la station service avec tout notre attirail, peu confiants car le propriétaire du camping nous a fait comprendre en nous déposant là qu’il y avait très peu de véhicules qui passaient… Cependant, après à peine une demi-heure d’attente, un camion s’arrête et nous offre de nous emmener à Chipata. Il est venu y faire une livraison de paille et y retourne. Nous prenons donc place à l’avant, l’un d’entre nous sur le siège et l’autre au-dessus de la boîte de vitesse. L’état de la route rend le voyage un peu chaotique, mais au final nous allons bien plus vite qu’avec le minibus à l’aller et surtout faisons beaucoup moins d’arrêts. Arrivés aux abords de Chipata, le chauffeur prend un « raccourci » littéralement à travers champs pour éviter la police, car il n’a pas passé le contrôle technique. Vue la poubelle qu’est son camion, cela ne nous étonne guère ! Nous avons donc le droit à un peu de rodéo en guise de conclusion à ce voyage épique. Le chauffeur nous dépose ensuite à un endroit de la ville où nous pouvons prendre un taxi vers la frontière. Une fois les formalités administratives de sortie de la Zambie et d’entrée au Malawi remplies, nous reprenons un taxi vers la ville de Mchingi au Malawi, où nous prenons un minibus vers la capitale, Lilongwe. C’est l’heure de pointe pour les minibus et nous mettons 2h30min pour faire les 120km qui séparent Lilongwe de la frontière ! Mais l’important est que nous soyons parvenus à rejoindre Lilongwe depuis South Luangwa dans la journée, une belle performance J