samedi 24 juillet 2010

Temples et consulat à Bangkok

Nous quittons le Cambodge le lundi 28 juin et partons pour une journée de bus au bout de laquelle nous arriverons à Bangkok. Le passage de la frontière se fait très rapidement (la Thaïlande est le seul pays de la région qui ne nécessite pas de visa). Comme d’habitude notre voyage s’agrémente de rencontres inattendues et celles du jour se partagent entre un Suisse résidant à Vevey - ayant la particularité de pas travailler comme toute la ville de Vevey pour Nestlé mais qui est comédien - et de deux amis retraités Français qui font le tour du monde. Le bus nous dépose à Bangkok sans que nous sachions où nous nous trouvons mais par chance nous découvrons assez vite que nous sommes en plein centre, et non dans la gare routière à 30km au nord comme à chaque fois. Nous arrivons même à rejoindre l’hôtel que nous avons réservé à pied. La tâche la plus urgente qui nous incombe est de faire établir nos visas chinois et nous avons la bonne surprise de découvrir que l’hôtel propose un service d’obtention de visa sans que nous ayons à nous déplacer au consulat. Le cœur léger, nous partons donc dîner dans un petit restaurant de street food du quartier, où nous faisons connaissance avec la cuisine Thaï authentique et délicieuse. Une mauvaise nouvelle nous attend de retour à l’hôtel quand la réceptionniste nous annonce que l’agence de visa refuse de s’occuper des passeports français : l’affaire se complique…

Nous ne pouvons donc y échapper le lendemain matin et nous partons pour le consulat de Chine, que nous devons rejoindre en taxi puis métro car il se trouve en dehors du centre. Malheureusement cela s’avère inutile car notre candidature est tout simplement refusée sous prétexte que nous n’avons pas de réservation d’hôtel à fournir au dossier. Cependant nous apprenons avec soulagement qu’il existe également un consulat de Chine à Chiang Mai. Nous changeons donc notre plan initial qui était de rejoindre Chiang Rai après Bangkok et décidons de passer quelques jours à Chiang Mai, le temps que notre visa chinois puisse être établi.

Après cette corvée administrative, il est grand temps de profiter de Bangkok et nous visitons la maison de Jim Thomson, sur les bons conseils de Marie-Agnès ! Jim Thomson était un Américain venu s’installer en Thaïlande après la seconde guerre mondiale. Il était passionné par la tradition du travail sur soie et devint riche en faisant connaître ces produits dans le monde occidental. Sa maison est un modèle de l’architecture traditionnelle thaïlandaise. Jim Thomson était un collectionneur d’art à ses heures perdues et sa maison tout en tek est devenue un musée qui se visite aujourd’hui encore. DSC02281DSC02287Nous rejoignons ensuite le centre touristique de Bangkok en prenant les bateaux-bus qui sillonnent les canaux pour quelques baths.P1090032 Nous parcourons la fameuse Kaosan Rd, la rue la plus connue de Bangkok, mais qui pour nous ne présente vraiment que très peu d’intérêt à moins de vouloir réaliser un piercing ou un tatouage, voire un faux permis de conduire…

Le lendemain mercredi 30 juin nous continuons notre visite de la ville avec le Palais Royal. Juste avant d’entrer dans l’enceinte du palais nous tombons par hasard sur le couple d’Anglais avec qui nous avions passé trois jours au Pantanal. Encore une fois, le monde des voyageurs est vraiment petit ! Le Palais Royal est célèbre car il abrite le Bouddha d’Emeraude, une statue qui est en fait en Jade et qui est la plus vénérée de Thaïlande. La richesse des bâtiments qui entourent le temple abritant ce Bouddha d’Emeraude est exceptionnelle. L’or et le scintillement des pierres s’ajoute aux couleurs vives du temple pour créer une atmosphère lumineuse et féérique. DSC02326 DSC02311 DSC02318 Nous prenons les services (gratuits) d’un guide du palais pour visiter les édifices religieux mais également le palais officiel. C’est en fait l’ancien palais car le roi actuel vit dans un autre palais. L’architecture du palais est intéressante en ce qu’elle combine l’architecture traditionnelle thaïlandaise et l’architecture occidentale du début du XXème siècle. Le mélange est plutôt réussi et rend le lieu presque familier. DSC02332 DSC02349 Nous marchons ensuite jusqu’au Wat Pho, qui a la particularité d’héberger un bouddha couché géant. C’est aussi une école de massage mais nous ne profitons pas des services offerts, nous réservant pour Chiang Mai. DSC02375 DSC02363DSC02357 Nous finissons notre tour par un nouveau trajet en bateau sur la rivière Mae Nam Chao Praya qui met un terme à notre visite express de Bangkok et nous ramène jusqu’à l’hôtel où nous récupérons nos sacs avant de partir à la gare prendre le train de nuit en direction de Chiang Mai.

dimanche 18 juillet 2010

Le Cambodge, un livre d’Histoire grandeur Nature

Nous avons beaucoup aimé le Cambodge, peut-être plus encore que le Vietnam. Traverser le pays ne peut laisser personne indifférent tant les contrastes entre la richesse de la culture passée (Angkor) et les traumatismes récents sont saisissants et continuent de marquer la vie quotidienne de la population. Le pays est passé d’un statut de puissance hégémonique politique et culturelle jusqu’au XIVème siècle pour ensuite s’enfoncer dans le chaos et la ruine avec les Khmers Rouges et leur expérience maoïste poussée à l’extrême. L’histoire récente est très complexe et le pays met du temps à tourner la page, à se demander si toute la population le souhaite réellement. Le gouvernement actuel a ainsi recyclé d’anciens Khmers rouges et les tortionnaires n’ont toujours pas été jugés, plus de 30 ans après les faits. En outre, le pays vit sous perfusion des ONG et de la communauté internationale (environ la moitié du PIB actuel vient de l’aide internationale). D’après certains commentaires que nous avons pu entendre de personnes connaissant bien le pays, la guerre civile ne serait pas loin si les ONG venaient à quitter le pays tant les blessures sont encore à vif.

Mais réduire le Cambodge à ses traumatismes récents ne ferait pas justice à la population, dont la gentillesse est frappante. Les gens sont toujours prêts à nous aider de façon désintéressée, à la différence de ce que nous avons pu observer dans d’autres pays. Nous avons également été touchés par la beauté et l’ingénuité des enfants. Ceux que nous avons pu rencontrer étaient très joyeux et venaient à notre rencontre sans pour autant demander de l’argent.

Nous avons eu l’impression que le pays est maintenant bien ouvert au tourisme qui lui sert de moyen de développement. Au-delà du circuit traditionnel Phnom Penh - Angkor, d’autres destinations misent sur l’écotourisme, comme le Mondulkiri, offrant ainsi une plongée dans le Cambodge rural plus reculé.

Enfin côté nourriture, nous avons également eu quelques bonnes surprises (surtout Natacha avec son bœuf lok-lak).

Battambang en bateau et moto, mais pas en train de bambou

Sur notre chemin pour rejoindre la Thaïlande, nous voulons nous arrêter à Battambang sur les bons conseils de Nathalie. Pour ce faire depuis Siem Reap nous avons deux options : 4 heures de bus pour $8 ou 8 heures de bateau pour $19. Cela va sans dire, nous choisissons le trajet en bateau, qui nous fait traverser le lac Tonlé Sap, le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-est qui fournit la moitié des poissons du Cambodge. Nous commençons à 10km au sud de Siem Reap sur des canaux à peine navigables tant nous sommes chargés et les canaux ensablés. Au passage de notre bateau relativement gros, les petites pirogues des locaux se font malmener et copieusement arroser. Le voyage nous rappelle notre arrivée au Cambodge en bateau sur le Mékong depuis Chau Doc au Vietnam. Une fois que nous avons quitté le lac de Tonlé Sap et que nous pénétrons dans les canaux, nous pouvons en effet une nouvelle fois observer les gens vivre sur la rivière. Nous traversons des villages flottants, avec leurs églises, marchés et stations essence flottantes, nous assistons au bain de toute la famille et à la pêche traditionnelle au filet le long des berges.  Malgré la beauté des paysages et la chance que nous avons de pouvoir observer ces tranches de vie sur l’eau, le voyage nous semble un peu long car le bateau est tout de même très peu confortable. DSC02197DSC02214DSC02227DSC02229DSC02247P1080996

Nous arrivons à Battambang en milieu d’après-midi et trouvons un petit hôtel dans le centre-ville. Pour nous remettre du long trajet, nous nous offrons une séance de massage fait par des aveugles. Les bien-nommés Seeing Hands ont la réputation d’être de bons masseurs, ce que nous vérifions partiellement et même si le massage n’est pas aussi relaxant que nous l’aurions espéré, nous contribuons modestement à cette bonne cause.

Le lendemain, dimanche 27 juin, nous réitérons l’expérience de Kratie et louons un scooter pour visiter la campagne de Battambang. Notre première étape est le temple de Phnom Sampeau, à 12km de la ville. Nous faisons la visite avec un très jeune guide (12/13 ans), ce qui au début nous pose problème car il devrait être à l’école, mais il nous fait judicieusement remarquer que nous sommes dimanche et qu’il fait le guide pendant son temps libre pour gagner de l’argent. Au cours de la visite nous apprendrons que l’école pour lui est en fait apprendre l’anglais dans un monastère et que guider les touristes est son métier. Il nous emmène d’abord voir les Killing Caves, des grottes sur la colline où fut perpétré un massacre de la population locale par les Khmers Rouges. Il existe un très grand nombre de ces temples érigés en l’honneur des victimes des Khmers Rouges à travers le Cambodge et celui-ci est le seul que nous aurons l’occasion de voir pendant notre séjour. Au sommet de la colline se trouve le temple de Phnom Sampeau dans lequel nous observons les rituels des moines et des nonnes bouddhistes. Le sommet du temple offre également un beau panorama sur les rizières de Battambang. Le tonnerre qui gronde au loin nous invite à abréger la visite. DSC02249DSC02268Panorama Phnom SampeauAprès une rapide pause déjeuner arrosée d’une pluie de mousson, nous reprenons la moto en direction de Chan Thai Chhoeng, l’unique vignoble du Cambodge. Nous nous y arrêtons pour visiter le vignoble et goûter le vin produit, malheureusement personne ne parle l’anglais pour nous expliquer comment ils en sont arrivés à planter de la vigne au milieu des rizières. Nous finissons par comprendre que le vignoble a été planté en 1995 et qu’il donne trois récoltes par an sous ce climat tropical. Le vin est sans doute moins mauvais que ce à quoi nous nous attendions mais ne justifie pas son prix de vente de $15 la bouteille ! P1090006Nous finissons la journée en partant à la recherche du fameux train de bambou qui court la campagne jusque Battambang. Notre guide le décrit comme un moyen pittoresque de découvrir la campagne avec les agriculteurs venus vendre leurs produits au marché. Lorsque nous trouvons finalement, après plusieurs allers et retours et une bonne demi-heure de recherche, un point de départ de ce fameux train de bambou, nous comprenons vite qu’il s’agit maintenant plus d’un attrape-touristes. Nous décidons donc logiquement de finir la route en moto et de passer notre tour pour le Bamboo Train.

Cette petite pause dans la ville à l’architecture coloniale de Battambang nous a semblé bien agréable. Pouvoir nous balader à notre guise sur notre moto rajoute un charme supplémentaire à l’expérience et un certain goût de liberté.

mercredi 14 juillet 2010

Angkor, grandeur et décadence du peuple khmer

Après notre courte pause à Kratie pour observer les dauphins d’Irrawady avant qu’ils ne disparaissent définitivement, nous prenons le bus mercredi 23 juin en direction de Siem Reap, la ville la plus proche des temples d’Angkor. Le voyage en bus nous prend toute la journée : visiter les merveilles d’Angkor se mérite ! Nous avons la bonne surprise de découvrir que l’hôtel que nous avons réservé à Siem Reap offre de nombreux services compris dans le coût modique de la chambre : pour $9 nous avons une chambre double avec la climatisation et salle de bain privée, vue sur la ville, cocktail de bienvenue sans oublier un massage « décontractant » de 20 minutes. La mauvaise nouvelle, c’est que nous devrons en partir dès le lendemain car nous n’avons réservé qu’une nuit et il est complet pour les nuits suivantes. Nous découvrons la ville dans la soirée et au détour d’une rue, nous tombons à nouveau sur le même Français avec qui nous avions franchi la frontière et que nous avions ensuite retrouvé à Phnom Penh. D’après nos itinéraires respectifs, c’est la dernière fois qu’on devrait se rencontrer !

Jeudi 24 juin, c’est le grand jour. Nous sommes partis pour une journée à la découverte de quelques uns des joyaux d’Angkor. Nous commençons notre tour par le temple de Banteay Srei, le plus éloigné de la ville à 32km au nord. Nous négocions avec un tuk-tuk qu’il nous prenne en charge pendant toute la journée, nous emmenant aux temples et  profitant de notre temps de visite pour faire la sieste. Nous n’avons pas été très matinaux et arrivons à Banteay Strei sur les coups de midi, au moment le plus chaud de la journée. Nous souffrons bien plus de la chaleur que des hordes de touristes. En effet, nous avons le luxe de visiter le site seuls. Banteay Srei est célèbre pour la finesse de ses sculptures taillées dans du grès rose. Pour l’anecdote, c’est aussi là que Malraux se fit coincer en 1923 après avoir pillé quelques bas reliefs pour les revendre à des collectionneurs à Paris. Ca lui vaudra un petit séjour à l’ombre… A la différence des autres temples d’Angkor, la construction de Banteay Srei a été commandée par un brahmane (prêtre hindou) et non par un roi. Le temple est dédié au dieu hindou Shiva. Nous le réaliserons par la suite, mais c’est une chance d’avoir commencé notre visite par Banteay Srei car, en marge des ruines, se tient une exposition particulièrement riche sur les origines du temple, son architecture mais aussi plus généralement sur l’ensemble des temples d’Angkor. DSC01892DSC01907DSC01891DSC01886Sur le chemin retour de Banteay Srei se trouve le Landmine Museum où nous décidons de nous arrêter après la pause déjeuner. Ce qui est maintenant un musée listé dans les guides est le fruit de la collecte d’un ancien enfant soldat Khmer rouge qui s’est spécialisé dans la pose de mines sur les champs de bataille. Passé dans le camp vietnamien rapidement pendant la guerre, il tira profit de son expérience du maniement des mines pour devenir démineur une fois la guerre terminée. D’abord amateur appelé par les villageois pour déminer des champs afin de planter du riz, il suivit ensuite des formations à l’étranger et est devenu un expert reconnu dans son domaine. Le musée a le mérite d’expliquer en termes simples les conséquences de l’utilisation de mines pendant un conflit. Outre les victimes humaines qui perdent un bras, une jambe mais rarement la vie (la doctrine militaire voulant qu’un soldat blessé soit un poids plus lourd pour son armée qu’un soldat mort – no comment), les mines tuent aussi le bétail et rendent d’immenses territoires impropres à la culture. Il suffit en effet qu’un champ ait la réputation d’avoir été miné pour que les villageois refusent à juste titre de s’y aventurer pour planter du riz. Les mines sont donc actives bien après un cessez-le-feu. Armes de guerre, elles sont aussi des armes contre la paix. Le musée détaille également ce qu’est la convention d’Ottawa contre les mines anti-personnelles, qui jusqu’à ce jour, signalons le, n’a toujours pas été ratifiée par l’administration Obama (sous prétexte que les mines font partie intégrante de la stratégie de défense dans le conflit en Corée), la Chine, la Russie, les deux Corées ou le Vietnam. Le musée a des vertus éducatrices, mais il a aussi une vocation sociale en accueillant et en scolarisant des enfants mutilés par les mines.  

Après cet intermède formateur mais peu réjouissant, nous continuons notre périple en allant visiter le temple de Ta Promh. Ce temple est célèbre car les archéologues ont décidé de le laisser en partie dans l’état où il fut redécouvert. Certaines parties de ce temple monumental sont donc recouvertes par la jungle qui au cours des siècles s’est immiscée entre les pierres et tient lieu maintenant de ciment pour soutenir l’édifice. DSC01923 Juste après que nous entamions la visite (sans guide mais c’est la norme à Angkor), l’orage commence à gronder et il se met à tomber des cordes. L’orage dans la jungle a le mérite de faire fuir les derniers visiteurs du site (déjà peu nombreux). Visiter un tel lieu seuls sous l’orage a quelque chose de dramatique et s’apparente davantage à un parcours d’Indiana Jones qu’à une visite guidée dans un musée.  Lessivés une fois de plus, nous rentrons à l’hôtel. Pas de photo du coucher de soleil sur Angkor pour aujourd’hui, demain peut-être…DSC01925DSC01941DSC01937Pour notre deuxième jour de visite, nous avons gardé les deux pièces majeures que sont Angkor Wat et Angkor Thom. Pour nous affranchir de la foule des touristes, nous avons loué des vélos car ces deux temples se trouvent à moins de 10km du centre ville de Siem Reap. Une fois n’est pas coutume, nous décidons de nous lever à 4h du matin pour aller admirer le lever du soleil sur Angkor Wat. Il y a quand même une bonne demi-heure de vélo dans la nuit noire, heureusement la route est en partie éclairée (le tourisme de masse est passé par là). Nous sommes en place aux premières lueurs de l’aube pour découvrir Angkor Wat, le plus grand édifice religieux du monde. Malheureusement nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée et pour la première fois nous devons partager nos temples d’Angkor… DSC02010DSC01987 Une fois le soleil levé, les tours entament la visite du temple au pas de course, tandis que nous profitons d’un petit déjeuner avec vue sur le temple. Nous commençons à proprement parler notre visite vers 7h, lorsque les tours commencent déjà à déserter les lieux. Pour nous imprégner au mieux du lieu, nous le visitons par cercles concentriques.DSC02050Nous commençons par un premier tour de l’ensemble où nous pouvons observer un groupe de singes vacant à ses occupations. Nous entamons ensuite un deuxième tour au pied du temple pour admirer les bas-reliefs. Nous finissons enfin par rentrer dans le temple proprement dit où nous faisons le tour des cours intérieures pour finir par l’ascension de la tour centrale. La finesse et la profusion des bas-reliefs et des statues qui parsèment le temple sont tout simplement stupéfiantes.DSC02076DSC02024

Panorama Angkor Wat

Nous avons terminé la visite d’Angkor Wat à 10h et décidons de rentrer nous reposer plutôt que d’enchaîner directement sur Angkor Thom. Deux heures et une petite sieste plus tard, nous déjeunons rapidement dans Siem Reap avant de parcourir à nouveau la route en vélo, cette fois-ci jusqu’au complexe d’Angkor Thom. C’est en fait une ville qui a été construite vers la fin de l’empire khmer, après que l’ancienne ville d’Angkor eut été prise par l’empire siamois (la Thaïlande actuelle). Nous commençons par l’emblème du lieu, le temple de Bayon, célèbre pour ses visages gigantesques représentant à la fois Jayavarman VII, le roi qui a fait construire la ville, et Avalokiteshvara, le bouddha de la compassion._DSC2100 DSC02118

A l’époque les habitations étaient en bois et seuls les bâtiments religieux pouvaient être en pierre – ce sont les seuls bâtiments qui restent aujourd’hui. Les archéologues estiment que la ville comptait 1 million d’habitants – à la même période (vers 1200) Londres ne comptait que 50 000 habitants. Il est très impressionnant de se balader dans les ruines du Bayon, au milieu de ces visages géants, au sourire énigmatique et qui nous scrutent sans cesse. Leur omniprésence permet même quelques jeux avec les photos… DSC02113DSC02104 Nous continuons la visite d’Angkor Thom en allant vers la Terrasse des Eléphants : une immense esplanade où se tenaient les cérémonies officielles et les audiences publiques. De nombreux bas-reliefs et statues représentent des éléphants, ce qui donne son nom à l’esplanade. DSC02153 DSC02096Nous terminons la journée à Phnom Bakheng, un temple pyramidal en ruines qui est maintenant très populaire pour observer les couchers de soleil. Nous sommes cependant un peu déçus car avions imaginé que nous aurions pu observer le coucher de soleil sur Angkor Wat ou Angkor Thom depuis ce point de vue. Ce n’est malheureusement pas le cas, nous pouvons simplement observer le coucher de soleil sur la plaine de Siem Reap. panoramaDSC02196 Même si nous terminons sur une note à demi-teinte, la découverte des temples d’Angkor reste extraordinaire. Le contraste est frappant entre la grandeur passée du royaume khmer dont les temples sont les témoins et les vicissitudes contemporaines du Cambodge. Pari celles-ci, notons que les Khmers Rouges n’ont reculé devant rien et ont laissé à l’abandon les temples pendant le temps où ils étaient au pouvoir. Ils ont même été jusqu’à abattre les gardiens et archéologues travaillant sur les temples et détruire les plans de restauration des temples, si bien qu’à ce jour certains sont littéralement des puzzles en 3D de centaines de milliers de pièces. Comme pour les autres incontournables touristiques de notre voyage (Machu Pichu, chutes d’Iguazu ou Perito Moreno entre autres), nous avons le sentiment que le site est largement à la hauteur de sa réputation. Avec quelques notions d’archéologie ou un guide compétent, on pourrait facilement se perdre des semaines à visiter ces temples tant ils sont riches.

samedi 10 juillet 2010

Les dauphins sont venus !

Nous partons le mardi 22 juin  à 8 heures du matin en direction de Kratie, sur les bords du Mékong, à 4h de route de Sen Mororom. Après un voyage serrés au fond d’un minivan rempli à ras-bord, nous arrivons finalement à Kratie et y trouvons un hôtel sur les rives du Mékong. L’intérêt principal de cet endroit est de pouvoir observer ce qui reste des dauphins d’Irrawady, une des cinq espèces de dauphins d’eau douce du monde. Ils ont failli disparaître sous le régime Khmer Rouge car ils étaient chassés pour leur chair et leur huile. Ils sont toujours gravement menacés et il en reste un peu plus de 70 dans le Mékong entre Kratie et la frontière avec le Laos, plus une poignée en Birmanie. Ils sont évidemment maintenant protégés et des organismes tels que WWF veillent à ce que l’écotourisme autour d’eux s’opère dans des conditions qui ne leur nuisent pas. panorama MekongNous louons un scooter pour aller voir ces dauphins, à 15km au nord de la ville.  Evidemment, exactement au moment où nous enfourchons le scooter, un orage de mousson éclate et nous restons une heure dans une station essence pour nous protéger… La pluie se calme finalement et nous décidons tout de même de tenter notre chance. P1080915 Nous arrivons à l’embarcadère trempés mais depuis les rives du fleuve nous arrivons déjà à voir quelques nageoires dorsales en guise de récompense. Nous montons sur un petit bateau à rames, qui nous emmène à peine à 50m de la rive, ce qui suffit largement pour voir de nombreux dauphins faire surface pour reprendre leur souffle. Ils sont relativement gros (2.3m) avec une tête très ronde mais sans bec – ce qui les fait ressembler à de petites baleines. La ressemblance est également vraie pour le bruit qu’ils font quand ils expirent. Après une heure sur l’eau, toujours sous la pluie, nous décidons qu’il est temps de rentrer pour ne pas tomber malade. Le mauvais temps nous aura empêché de prendre un seul cliché décent, mais nous repartons pleins de beaux souvenirs dans la tête. P1080919P1080926Ce sont de biens meilleurs souvenirs que la piètre prestation de l’équipe de France que nous regardons à la télé le soir même (c’est le premier match que nous pouvons regarder car les autres se déroulaient en pleine nuit pour nous).  Au regard de la qualité de l’équipe, nous ne regrettons pas d’avoir manqué les précédents matches.